Le mercredi 15 juillet 2026 à 17:06
Deux jeunes hommes de 18 ans, qui ont reconnu leur implication volontaire dans des départs de feu survenus à Arbonne-la-Forêt et à Fontainebleau (Seine-et-Marne) le 13 juillet, doivent être présentés dans la journée à un juge d'instruction. Le parquet de Fontainebleau a annoncé ce mercredi l'ouverture d'une information judiciaire et fait savoir qu'il requerra leur placement en détention provisoire.
Le parquet estime disposer de suffisamment d'éléments pour ouvrir cette information judiciaire sur les départs de feu constatés le 13 juillet à Arbonne-la-Forêt et à Fontainebleau. "Deux mis en cause ont reconnu leur implication volontaire au cours de leur garde à vue", indique la procureure de la République de Fontainebleau, Diane Ngomsik, dans un communiqué.
Un étudiant et un sapeur-pompier volontaire déférés
"Âgés de 18 ans tous les deux et sans lien entre eux, étudiant pour l'un, sapeur-pompier volontaire pour le second, ils seront présentés dans la journée à un juge d'instruction du tribunal de Fontainebleau", précise la magistrate. "Des réquisitions de placement en détention provisoire seront prises à l'encontre de chacun d'entre eux."
L'enquête, ouverte en flagrance pour "destruction par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation pouvant causer un dommage aux personnes", a été confiée à la section de recherches (SR) de Paris, en co-saisine avec la brigade de recherches (BR), avec l'appui des techniciens en identification criminelle (TIC) et des experts de la gendarmerie spécialisés dans la recherche des causes et des circonstances des incendies (RCCI). Le parquet salue "l'efficacité des enquêteurs saisis" et "la vigilance des citoyens", qui ont permis d'interpeller rapidement plusieurs personnes. L'enquête a révélé que "plusieurs faits distincts sont à l'origine de différents départs de feux".
La piste accidentelle étudiée pour le feu initial
S'agissant du feu initial, déclaré le 12 juillet, le parquet distingue une seconde situation. "Des gardes à vue se prolongent et conduisent à explorer la piste d'un incendie accidentel dans le cadre de travaux en bordure de l'autoroute A6", écrit la procureure. D'autres pistes restent toutefois ouvertes : "d'autres causes, notamment d'origine volontaire, sont toujours étudiées". "Des présentations en justice pourraient intervenir demain", ajoute-t-elle.
Dans son communiqué, le parquet rappelle enfin que "l'action des services d'enquête et celle des pompiers doivent pouvoir se dérouler dans les meilleures conditions possibles". Il demande "à chacun de respecter les consignes de sécurité et de s'abstenir de se rendre, sauf impérieuse nécessité, sur les lieux des incendies".
Un feu fixé mais pas éteint
Sur le terrain, le feu est désormais fixé, après avoir parcouru environ 2 050 hectares depuis dimanche. L'extinction totale pourrait toutefois prendre des semaines, en raison de sols propices aux reprises et de "feux zombies" qui couvent sous terre. Quelque 850 sapeurs-pompiers ont été mobilisés, épaulés par quatre Canadair — une première en Île-de-France —, deux Dash, trois hélicoptères bombardiers d'eau et deux bulldozers de l'armée. Près d'un millier de personnes ont été évacuées depuis le début du sinistre. Selon l'Agence France-Presse, il s'agit de l'un des trois plus importants incendies enregistrés dans la moitié nord de la France depuis vingt ans.