Le lundi 23 mars 2026 à 16:40
Dix personnes ont été interpellées et placées en garde à vue ce lundi 23 mars au matin, quatre mois après l'assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille. Le jeune homme de 20 ans, frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, a été abattu le 13 novembre 2025 dans le 4e arrondissement de la cité phocéenne. Les suspects sont poursuivis notamment pour meurtre en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs et acquisition, détention et transport d'armes de catégorie B.
Contacté par Actu17, le parquet national anticriminalité organisée (PNACO) a confirmé l'opération, révélée par Le Parisien. "Dans ce dossier suivi par le PNACO, je vous confirme que les magistrats instructeurs ont initié une phase opérationnelle ayant conduit à 10 interpellations (notamment pour meurtre en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs et acquisition/détention/transport d'armes de catégorie B), dans l'Hérault et autour de Marseille", a indiqué le PNACO. Ce coup de filet a été mené par les policiers de la brigade criminelle de la division de la criminalité organisée et spécialisée des Bouches-du-Rhône (DCOS 13) et par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO).
Les interpellés sont soupçonnés d'avoir assuré la logistique du commando ou d'avoir aidé à faire disparaître des preuves. D'après une source proche du dossier, toutes les pistes convergent vers d'influents donneurs d'ordre proches du milieu du narcobanditisme marseillais.
L'enquête, extrêmement sensible, avait initialement été pilotée par le parquet de Marseille avant d'être dessaisie au profit du PNACO.
Le 13 novembre 2025, en plein après-midi, Mehdi Kessaci avait été abattu alors qu'il se trouvait dans sa voiture, devant une pharmacie du 4e arrondissement de Marseille. Le jeune homme était mort sur place malgré l'intervention des secours. Deux hommes avaient pris la fuite à bord d'une moto, retrouvée incendiée le lendemain. Totalement inconnu des services de police, Mehdi Kessaci avait un casier judiciaire vierge et se destinait à devenir gardien de la paix.
«Un véritable point de bascule»
Les faits avaient été qualifiés de "crime d'avertissement" par le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone. Le ministère de l'Intérieur avait pour sa part évoqué un "véritable point de bascule". Ces interpellations interviennent au lendemain de l'élection d'Amine Kessaci au conseil municipal de Marseille. Âgé de 22 ans, le militant anti-narcotrafic figurait en troisième position sur la liste du maire réélu Benoît Payan et vit sous protection policière depuis l'été 2025.