Mort de Lyhanna : la compagne de Jérôme Barella porte plainte contre lui pour viols et violences conjugales

La compagne du principal suspect dans le meurtre de Lyhanna a porté plainte contre lui pour viols et violences conjugales. Une enquête a été confiée à la Section de recherches (SR) de Toulouse, tandis que les gendarmes centralisent désormais l'ensemble des procédures visant Jérôme Barella.
Mort de Lyhanna : la compagne de Jérôme Barella porte plainte contre lui pour viols et violences conjugales
Jérôme Barella a été mis en examen et placé en détention provisoire le 1er juin 2026.
Par Actu17
Le samedi 27 juin 2026 à 01:22

Jérôme Barella, principal suspect dans le meurtre de la petite Lyhanna, est désormais visé par une nouvelle plainte déposée par sa propre compagne, comme l'a révélé Le Parisien ce vendredi soir. Mère de ses deux enfants, cette dernière l'accuse de "viols" et de "violences conjugales". Une enquête a été ouverte le 18 juin et confiée aux gendarmes de la Section de recherches (SR) de Toulouse (Haute-Garonne). Cette procédure vient s'ajouter à un dossier déjà tentaculaire : les enquêteurs ont mis sur pied une cellule nationale chargée de centraliser l'ensemble des plaintes et signalements visant cet homme, dont le profil est désormais celui d'un prédateur sexuel en série.

Selon les informations du Parisien, la conjointe de Jérôme Barella a été entendue dans la foulée par les militaires de la SR de Toulouse, devant lesquels elle a réitéré les accusations portées dans sa plainte. D'après elle, les premiers viols remonteraient à 2014, il y a douze ans. Depuis la révélation de l'affaire, cette femme a dû quitter le domicile familial et déscolariser ses deux enfants.

Cette plainte intervient alors que les gendarmes ont décidé de centraliser toutes les procédures concernant le suspect, au-delà du seul meurtre de Lyhanna, soulignent nos confrères. Cette cellule nationale d'enquête mise en place doit réexaminer les plaintes et signalements antérieurs et, éventuellement, mettre au jour d'autres victimes. Compte tenu du profil "sériel" du suspect, les enquêteurs entendent reconstituer l'intégralité de son parcours, en remontant le fil des années. Le suspect a exercé comme agent d'entretien dans plusieurs écoles. L'un de ces établissements, un lycée, l'avait écarté en 2021, après avoir relevé l'année précédente un "comportement inapproprié". S'ajoutant à sa mise en examen pour le meurtre de Lyhanna, ce sont à présent au minimum sept plaintes, deux signalements et une procédure disciplinaire qui alimentent l'enquête.

Poursuivi pour viol et meurtre, il encourt la perpétuité

Pour rappel, Lyhanna, 11 ans, avait disparu le 29 mai à la sortie de son collège de Fleurance (Gers). Son corps sans vie a été retrouvé le 4 juin dans un silo agricole à Puycasquier. Âgé de 41 ans, Jérôme Barella, qui connaissait personnellement la fillette et ses parents, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineure de moins de 15 ans, puis placé en détention provisoire le 1er juin.

Le 24 juin, le procureur de la République d'Agen (Lot-et-Garonne), Olivier Naboulet, a pris un réquisitoire supplétif pour viol et meurtre, après réception du rapport d'autopsie. La cause exacte du décès n'a, à ce stade, pas pu être déterminée. Le suspect conteste toute implication.

Une plainte pour «une cinquantaine de viols» restée lettre morte

L'affaire avait pris une dimension nationale après la mise en lumière des défaillances ayant entouré le traitement d'une plainte déposée à l'été 2025. Plusieurs mois avant la disparition de Lyhanna, Audrey, la mère d'une fillette prénommée Rosa, avait dénoncé une cinquantaine de viols imputés à Jérôme Barella sur sa fille, alors âgée de 10 ans.

Malgré ses relances, le mis en cause n'avait jamais été entendu sur ces faits. Un pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de l'inspection générale de la gendarmerie nationale, rendu public le 22 juin, a pointé "un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure" de la part du parquet et de la gendarmerie.

Le frère et le père également rattrapés par la justice

Le volet familial du dossier ne se limite pas au suspect. Son frère, Yannick Barella, a été mis en examen le 10 juin pour des viols présumés sur deux anciennes compagnes, dont l'une était mineure au début de leur relation, et placé sous contrôle judiciaire. Le père du suspect, âgé de 71 ans, est de son côté visé par une enquête rouverte.