Mort d'El Hacen Diarra dans un commissariat à Paris : sa famille porte plainte pour «violences volontaires»

El Hacen Diarra, 35 ans, est décédé dans la nuit du 14 au 15 janvier dans les locaux du commissariat du XXe arrondissement de Paris, après avoir été interpellé pour avoir roulé un joint. Sa famille a déposé plainte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort" et réclame l'ouverture d'une information judiciaire. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie.
Mort d'El Hacen Diarra dans un commissariat à Paris : sa famille porte plainte pour «violences volontaires»
Un commissariat à Paris. (Illustration / Romain P19 / Shutterstock)
Par Actu17
Le samedi 17 janvier 2026 à 21:30

El Hacen Diarra, 35 ans, est décédé dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 janvier dans les locaux du commissariat du XXe arrondissement de Paris, après avoir été interpellé pour avoir roulé un joint de cannabis. Sa famille a déposé plainte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort", a annoncé son avocat Me Yassine Bouzrou. Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Selon le communiqué du parquet de Paris publié jeudi 15 janvier, les policiers de la Brigade territoriale de contact (BTC) du XXe arrondissement ont contrôlé El Hacen Diarra après l'avoir "vu rouler un joint de cannabis". "Indiquant avoir été confrontés au refus de se soumettre aux palpations, les policiers ont procédé à l'interpellation du suspect, qui a chuté au sol, entraînant deux policiers dans sa chute à deux reprises", précise le parquet. "Un policier a indiqué avoir fait usage du taser, le touchant notamment à la cheville."L'homme a été interpellé à 22h45.

El Hacen Diarra a ensuite été conduit au commissariat "sans autre incident au cours du transport", selon le parquet. Il était en possession de faux documents administratifs et de matière brunâtre s'apparentant à du cannabis. Son test d'alcoolémie s'est avéré négatif. "Son placement en garde à vue lui a été notifié pour les infractions d'usage de faux documents administratifs, l'acquisition, la détention et l'usage de produits stupéfiants ainsi que la rébellion", indique le parquet, qui ajoute que "son transport à l'hôpital a été requis par l'OPJ en raison de la plaie qu'il présentait à l'arcade". "Alors qu'il était en attente sur un banc du commissariat, El Hacen D a été vu faire un malaise, son arrêt cardio-respiratoire a été constaté, et un policier a débuté un massage cardiaque, poursuivi par les pompiers à leur arrivée à 23h45. Le décès de la personne a été constaté à 00h20".

Une vidéo amateur d'une minute trente, filmée lors de l'interpellation, a été diffusée sur les réseaux sociaux samedi 17 janvier, notamment par le député LFI Thomas Portes. On y aperçoit des policiers qui maintiennent El Hacen Diarra au sol. Des renforts arrivent, puis la vidéo se termine.

«Des preuves accablantes» selon l'avocat de la famille

Cette version des faits est contestée par la famille de la victime. Dans un communiqué, Me Yassine Bouzrou estime que "cette démarche s'impose face à l'absence de saisine d'un juge d'instruction par la procureure de la République, alors que les circonstances de ce drame sont marquées par des preuves accablantes". L'avocat affirme qu'"une vidéo montre des violences commises sur lui lors de son interpellation" et que "des témoins ont vu une mare de sang sur les lieux de l'interpellation, attestant de la violence extrême subie par El Hacen Diarra". Il ajoute qu'"à son arrivée au commissariat, les policiers eux-mêmes ont estimé nécessaire une hospitalisation immédiate". "Ces éléments confirment qu'El Hacen Diarra a été victime de violences graves lors de son interpellation, et peut être même au sein du commissariat du XXe arrondissement, connu pour différentes affaires de violences et agressions sexuelles commises sur des gardés à vue", estime-t-il.

"La famille exige justice et transparence", écrit Me Bouzrou, qui réclame "l'ouverture immédiate d'une information judiciaire, confiée à un juge d'instruction indépendant, pour établir les responsabilités" ainsi que "la transparence totale sur les conditions de l'interpellation, de la garde à vue, et des soins prodigués". L'avocat exprime également ses craintes : "Les allégations médiatiques de la procureure de la République reprenant, en toute partialité, l'unique version des policiers, l'absence de placement en garde à vue des policiers qui ont commis a minima des violences graves sur le défunt ainsi que le défaut de saisine d'un juge d'instruction indépendant font objectivement craindre l'intention de la procureure de Paris d'exonérer les policiers de toute responsabilité".

"En l'état des éléments connus, une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à l'IGPN", a également indiqué le parquet de Paris. Le corps d'El Hacen Diarra a été transporté à l'institut médico-légal (IML) pour être autopsié. Un appel à rassemblement a été lancé pour dimanche à 14 heures devant le foyer Les Mûriers, dans le XXe arrondissement, où l'homme était hébergé.