Le samedi 29 août 2026 à 14:27
Sébastien Delogu a rendu publique sa version de l'altercation qui l'a opposé à trois policiers, lundi dans son immeuble marseillais. Dans un communiqué de presse diffusé vendredi soir sur X, au lendemain de sa garde à vue de huit heures, le député de La France insoumise (LFI) des Bouches-du-Rhône livre un récit détaillé des faits, dénonce une procédure qu'il juge démesurée ainsi que des fuites vers la presse, et réclame des excuses aux médias. Il est convoqué le 13 novembre devant le tribunal correctionnel pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique.
Le parlementaire raconte qu'il rentrait chez lui, aux alentours de 15h30, lorsqu'un homme portant un sac à dos et une casquette, qui lui était selon lui parfaitement inconnu, a tenté de pénétrer dans l'immeuble en plaçant son pied dans l'ouverture pour l'empêcher de refermer la porte, en lui déclarant : "Non, non, la porte reste comme ça."L'élu affirme lui avoir demandé son identité, sans réponse, puis avoir réitéré sa question. L'homme lui aurait alors indiqué : "Je suis de la police."Il assure avoir ensuite réclamé une carte professionnelle, et s'être entendu répondre à plusieurs reprises de "dégager", qu'il n'était "rien" et que les fonctionnaires "n'avaient pas besoin de [ses] services". Le député justifie sa demande par l'absence d'uniforme et de signe distinctif apparent, et par les messages de menaces qu'il dit recevoir depuis des mois.
Selon son récit, l'homme l'a suivi dans le sas de l'immeuble et ne l'a "pas lâché d'une semelle". Devant deux autres personnes qu'il décrit comme non identifiables, le fonctionnaire lui aurait dit qu'il était "une merde", qu'il "puait de la gueule" et qu'il était "normal que tout le monde me déteste", avant d'appuyer son poing fermé contre sa poitrine et d'exercer une poussée violente. Le parlementaire indique s'être alors dirigé vers l'ascenseur pour monter à son étage. Les trois policiers l'y auraient rejoint, et l'un d'eux lui aurait porté un coup avec son bras gauche avant de refermer violemment la porte sur lui à deux reprises, "avec une force telle que j'ai craint d'être blessé", puis de le traiter de "trou du cul".
Hier j'ai été placé pendant huit heures en garde-à-vue.
J'ai dû subir également une campagne médiatique de dénigrement, alimentée par des fuites policières mensongères tout au long de la procédure.
Je vais donc vous raconter ce qui s'est réellement passé qui ne ressemble en… pic.twitter.com/kKhcHHXb1Z
— Sébastien DELOGU (@sebastiendelogu) August 28, 2026
Une procédure qu'il juge démesurée
Sébastien Delogu conteste également le déroulement de la procédure. Il souligne s'être présenté librement au commissariat jeudi, accompagné de son avocat, et affirme que la convocation reçue ne comportait aucune mention d'une mesure de garde à vue. "Dans quel pays des accusations d'outrage aucunement étayées (et que je réfute) conduisent-elles un représentant du peuple à passer 8 heures en garde à vue alors qu'il s'est présenté volontairement devant les policiers ?", écrit-il. Le député dénonce une "campagne médiatique de dénigrement, alimentée par des fuites policières mensongères tout au long de la procédure", assurant avoir appris son placement en garde à vue par voie de presse, avant même que son avocat n'ait pu prévenir ses proches.
L'élu réfute par ailleurs être intervenu pour faire obstacle au travail des policiers. Il dément avoir alerté l'homme recherché, qualifiant cette accusation d'"absolument fausse", et relève que celui-ci n'a pas été condamné. Jugé en comparution immédiate, cet homme a été relaxé, a indiqué le parquet à l'AFP.
Sébastien Delogu assure enfin que la formule "la République c'est moi", relayée par plusieurs médias, "n'apparaît nulle part dans la procédure". Le parlementaire dit attendre des excuses des rédactions qui l'ont reprise et se réserve le droit d'engager des poursuites judiciaires contre elles. Il indique avoir porté plainte et saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).
La version des trois policiers
Le récit du député s'oppose frontalement à celui des fonctionnaires du service interdépartemental de sécurisation des transports en commun (SISTC), qui ont déposé plainte pour outrage. Selon cette plainte, que nous avons pu consulter, les trois agents s'étaient rendus une première fois dans l'immeuble du 2e arrondissement dans la matinée, pour une enquête de voisinage, sans trouver l'homme recherché, soupçonné du vol d'une montre de luxe. Le député avait alors été en contact téléphonique avec eux. Lors de leur second passage, les policiers affirment avoir été empêchés d'entrer par le parlementaire, qui leur aurait indiqué avoir prévenu le mis en cause de leur venue. Il aurait fait barrage de son corps et les aurait traités à deux reprises de "trou du cul", après les avoir qualifiés de "comique" et de "fatigué". La formule "la République, c'est moi" figure également dans cette pièce de procédure. Le suspect a finalement été interpellé sans difficulté, dans un appartement situé en face de celui du député.
Sébastien Delogu est ressorti libre du commissariat central de Marseille jeudi soir, vers 23 heures, après plus de huit heures de garde à vue. L'enquête de flagrance, ouverte pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique, a été confiée à la Division de la criminalité territoriale (DCT). Le député a indiqué qu'il se présentera devant le tribunal correctionnel le 13 novembre, où il entend dénoncer les faits qu'il dit avoir subis depuis le début de cette affaire.