Tir à l'hôpital Percy : le brigadier Alexandre Lanckbeen est décédé, trois militaires mis en examen

Six jours après avoir été atteint d'une balle dans la tête lors d'un jeu entre militaires à l'hôpital Percy de Clamart, le brigadier Alexandre Lanckbeen est décédé. Trois de ses camarades ont été mis en examen.
Tir à l'hôpital Percy : le brigadier Alexandre Lanckbeen est décédé, trois militaires mis en examen
L'hôpital national d'Instruction des Armées Percy à Clamart, le 30 janvier 2022. (Illustration / HJBC / Shutterstock)
Par La Rédaction
Le vendredi 20 février 2026 à 13:20

Un militaire de 20 ans a été mis en examen, soupçonné d'avoir tiré une balle dans la tête d'un de ses camarades lors d'une soirée alcoolisée à l'hôpital militaire Percy de Clamart (Hauts-de-Seine). La victime, le brigadier Alexandre Lanckbeen, appartenant au 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes (Hautes-Pyrénées), est décédée ce vendredi matin des suites de ses blessures. Au total, trois militaires en mission Sentinelle ont été mis en examen dans cette affaire.

C'est le gouverneur militaire de Paris, Loïc Mizon, qui a annoncé ce vendredi la mort du jeune soldat sur le réseau social X. "Profonde tristesse d'apprendre tôt ce matin le décès du brigadier Alexandre Lanckbeen, à l'hôpital militaire de Percy, des suites de ses blessures", a-t-il écrit. Les chefs d'accusation retenus contre les trois mis en examen vont désormais être requalifiés après ce décès.

Mardi 17 février, trois militaires avaient été présentés au tribunal judiciaire de Paris. Parmi eux, Benjamin D., 20 ans, auteur présumé du tir, a été mis en examen pour "violences avec arme suivie d'infirmité permanente" et "violation de consigne par consommation d'alcool". Les deux autres ont été mis en examen pour "blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à trois mois, par violation manifestement délibérée d'une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence", "modification de l'état des lieux d'un crime ou délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité" et "violation de consigne par consommation d'alcool". Parmi eux figure notamment le chef de section, à qui appartenait l'arme de poing utilisée lors des faits.

Le parquet de Paris avait requis le placement en détention provisoire de Benjamin D., mais le juge des libertés et de la détention a décidé de le remettre en liberté. Son statut de militaire ne permettait pas, par ailleurs, de le placer sous contrôle judiciaire. En effet, l'article L211-22 du code de justice militaire prévoit que le contrôle judiciaire n'est pas applicable aux militaires en activité, en raison des contraintes liées à leur statut, notamment la chaîne de commandement et les obligations de disponibilité. Le juge n'avait donc le choix qu'entre la détention provisoire et la remise en liberté.

«Mon client ignorait que l'arme était chargée»

"Mon client reconnaît être à l'origine du tir ayant blessé un de ses camarades. Ce tir était strictement accidentel et mon client ignorait que l'arme était chargée", a réagi son avocat, Me Baptiste Bellet. "L'instruction ouverte permettra d'établir de manière précise les circonstances exactes des faits et de confirmer le caractère involontaire de son geste. Mon client coopérera pleinement tout au long de la procédure", a-t-il ajouté. De son côté, Me Eliott Amzallag, avocat de l'un des deux autres militaires mis en examen, a estimé qu'"il est impératif que la chaîne de responsabilité soit minutieusement reconstituée afin d'élucider ce terrible accident".

Les faits se sont produits dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 février. Ce soir-là, le groupe de soldats, logé sur le site de l'hôpital Percy dans le cadre de leur mission Sentinelle, avait organisé une soirée alcoolisée, "en dépit de la stricte interdiction de consommation d'alcool sur le site de l'hôpital des armées", selon le parquet de Paris. Si l'armement collectif se trouvait dans l'armoire forte, "deux d'entre eux étaient détenteurs d'une arme de poing", a précisé le ministère public. Le chef de groupe est parti se coucher en laissant son revolver sur la table. Les autres militaires ont alors décidé de jouer à un jeu bien connu dans le milieu, consistant à désarmer son camarade et à neutraliser son arme par un tour de passe-passe, afin de tester la réactivité de chacun. Ce jeu se pratique normalement sans munition dans l'arme. Mais l'arme était chargée, et pour une raison que l'enquête devra préciser, un coup est parti, le projectile de calibre 9 mm atteignant la tête d'Alexandre Lanckbeen, qui avait été conduit en urgence au bloc opératoire.

Après le tir, les soldats auraient tenté de maquiller la scène, dans des circonstances qui restent à définir. Les quatre militaires impliqués présentaient des taux d'alcoolémie compris entre 0,17 g/L et 2,5 g/L dans le sang. Le tireur présumé affichait un taux de 1,57 g/L.

Une information judiciaire a été ouverte et l'enquête a été confiée au service départemental de police judiciaire des Hauts-de-Seine (SDPJ 92). Le parquet de Nanterre, initialement saisi, s'était dessaisi au profit du parquet de Paris, compétent en matière militaire.