Explosions à Beyrouth : plus de 100 morts et 4000 blessés, un stock de nitrate d’ammonium à l’origine du drame


Beyrouth ce mercredi matin. Plus de 100 personnes ont été tuées après cette double explosion. (capture écran vidéo @JoyceElHajj)

Le bilan a grimpé à plus de 100 morts et plus de 4000 blessés ce mercredi matin.

Une double explosion particulièrement violente a causé des dégâts considérables à Beyrouth au Liban ce mardi après-midi. Des images de dévastation ont été diffusées par les médias locaux mais également par des habitants sous le choc. Le dernier bilan de la Croix Rouge libanaise ce mercredi matin fait état de plus de 100 décès et plus de 4000 blessés.

Le Premier ministre libanais Hassan Diab a déclaré ce mardi soir que les explosions meurtrières étaient dues à un stock « de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium » se trouvant depuis « 6 ans dans un entrepôt ». « Je ne me reposerai pas tant que nous n’aurons pas trouvé la personne responsable de ce qui s’est passé, afin que nous puissions lui demander des comptes et imposer la sanction la plus sévère », a-t-il ajouté.

La détonation du nitrate d’ammonium n’est possible qu’avec une contamination par une substance incompatible ou une source intense de chaleur. Son stockage doit respecter des règles pour qu’il soit isolé. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances qui ont conduit à ces détonations destructrices.

C’est ce même corps chimique qui était à l’origine de la violente explosion de l’usine AZF à Toulouse (Haute-Garonne) le 21 septembre 2001. Un stock de 300 tonnes de nitrate d’ammonium était en cause, soit neuf fois moins qu’à Beyrouth. 31 personnes avaient été tuées, 2500 autres blessées.

En outre, le directeur des douanes Badri Daher, a déclaré ce mercredi matin qu’il y avait bien un entrepôt de feux d’artifices à côté de l’entrepôt de nitrate d’ammonium qui a explosé.

La France envoie 21 tonnes de matériels

Le drame survient dans le pays déjà marqué par une crise économique sévère et en pleine crise sanitaire du coronavirus. La France va envoyer dès ce mercredi 5 août deux avions militaires vers le Liban, avec un détachement de la sécurité civile de 55 personnes, 15 tonnes de matériels et six tonnes de matériel sanitaire selon franceinfo.


Le port de Beyrouth a été en partie rasé par la violence de l’explosion comme le montre une photo aérienne.