Attentat à Trappes : le suspect, Kévin T., a tenté de mettre fin à ses jours en prison

Le suspect de l'attentat raciste de Trappes a été brièvement hospitalisé après une tentative de suicide en détention. Le procureur national antiterroriste a par ailleurs annoncé ce mardi que 30 victimes avaient été identifiées.
Attentat à Trappes : le suspect, Kévin T., a tenté de mettre fin à ses jours en prison
Le logo de l'administration pénitentiaire sur la façade de la prison de Béthune. (Illustration / Clement Demazure / Shutterstock)
Par Actu17
Le mardi 3 novembre 2026 à 23:46

Kévin T., le suspect de l'attentat raciste commis le 23 octobre à Trappes et La Verrière (Yvelines), a tenté de mettre fin à ses jours en détention, a rapporté BFMTV. L'homme de 39 ans a été hospitalisé plusieurs heures, puis il a regagné sa cellule. Ses avocats regrettent que cette information ait été rendue publique et réclament une évaluation médicale approfondie de leur client. L'attaque a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, un homme de 26 ans, et fait sept blessés.

Cette tentative de suicide a eu lieu il y a quelques jours. "Son pronostic vital n'a pas été engagé, il a pu regagner sa cellule dans la même journée", a précisé une source proche du dossier au Figaro. Kévin T. a été mis en examen et placé en détention provisoire le 29 octobre.

«Des interrogations légitimes quant à son état psychologique»

Ses avocats, Me Baptiste Bellet et Me Eliott Amzallag, ont "déploré que cette information, qui relève de la plus stricte intimité de notre client, ait été divulguée aussi rapidement". "Cette tentative de suicide soulève néanmoins des interrogations légitimes quant à son état psychologique, lequel devra faire l'objet d'une évaluation médicale approfondie", ont-ils déclaré au Figaro.

Lors de ses auditions, le suspect a fait état de problèmes psychologiques et d'une forte consommation de stupéfiants dès l'âge de 13 ans. Selon le parquet national antiterroriste (PNAT), les analyses ont révélé "la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang" au moment des faits, ainsi que des molécules "cohérentes avec la prise des médicaments antipsychotiques et antidépresseurs". Le procureur national antiterroriste Olivier Christen a toutefois relevé que, selon le médecin de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (IPPP), "le diagnostic de schizophrénie allégué par Kévin T. était davantage une interprétation de l'intéressé qu'une conclusion médicale". Le suspect avait affirmé aux enquêteurs être traité pour cette maladie.

Trente victimes identifiées

Invité de RTL ce mardi matin, Olivier Christen a annoncé que 30 victimes avaient été identifiées. Au mort et aux sept blessés, dont quatre grièvement, s'ajoutent 22 personnes qui n'ont pas été atteintes physiquement. Leur "véhicule a été touché par des balles" ou elles "ont été visées sans être atteintes, ce qui crée évidemment un trouble psychologique", précise le PNAT. Le procureur a de nouveau insisté sur la préméditation : "C'est quelqu'un qui avait largement préparé, prémédité les faits, probablement depuis la fin de l'été, début septembre."

Kévin T. "n'était pas détenteur légalement d'une arme à feu", a également indiqué le magistrat. L'arme de "catégorie A" utilisée lors de l'attaque "a été achetée clandestinement", et "les investigations vont devoir porter sur la façon dont il a pu acquérir cette arme". Interrogé sur d'éventuels manquements et sur la possibilité d'éviter l'attentat, il a répondu : "En l'espèce, je ne crois pas. Je n'ai pas d'éléments qui nous permettent de penser cela."Trois jours avant l'attaque, le suspect avait été interpellé à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) après une altercation dans une station-service, et la famille de Pengo Bossio Wangi s'interroge sur une éventuelle responsabilité de l'État.

Kévin T. est poursuivi notamment pour assassinat et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis en raison de l'appartenance vraie ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée. Pendant sa garde à vue, il a reconnu avoir ciblé des personnes "de type musulman ou africain, nord-africain". Il conteste en revanche toute intention terroriste.