Attentat à Trappes : Interpellé pour des violences trois jours avant, le suspect était convoqué par la police le matin de l'attaque

Le parquet de Nanterre a confirmé jeudi soir qu'une procédure pour violences avait été établie le 20 octobre à l'encontre du suspect, après une altercation dans une station-service. Un automobiliste blessé avait porté plainte, affirmant avoir reçu du gaz lacrymogène au visage puis des coups.
Attentat à Trappes : Interpellé pour des violences trois jours avant, le suspect était convoqué par la police le matin de l'attaque
Kevin T. peu après son interpellation par les policiers de la BAC, à Coignières, le 23 octobre 2026. (DR)
Par Actu17
Le jeudi 29 octobre 2026 à 23:53

Trois jours avant l'attentat de Trappes et La Verrière (Yvelines), Kévin T. avait été interpellé à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) après une altercation violente entre automobilistes dans une station-service. Entendu au commissariat en audition libre, il s'était vu remettre une convocation pour une nouvelle audition, fixée au 23 octobre à 09h30, soit le matin même de l'attaque, qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi et fait sept blessés. Le parquet de Nanterre a confirmé ces éléments ce jeudi soir dans un communiqué, en précisant que cette procédure ne lui avait été transmise que ce jeudi.

Le procureur de la République de Nanterre "confirme qu'une procédure a été établie par le commissariat de Levallois-Perret le 20 octobre 2026 à l'encontre de Kévin T.". Ce jour-là, à 11h20, les policiers municipaux de la ville ont été "requis pour un différend entre automobilistes dans une station-service". "Sur place, ils interpellaient Kévin T. et retrouvaient sur les lieux une bombe lacrymogène que ce dernier déclarait avoir utilisée pour se protéger", relate le parquet, confirmant une information de Mediapart. L'autre automobiliste, blessé, a été pris en charge par les secours. Le certificat médical délivré à 12h02 par les urgences de l'hôpital de Levallois-Perret constate "notamment un hématome maxillaire gauche et des contusions costales".

Une convocation fixée au 23 octobre à 9h30

Conduit au commissariat, Kévin T. "était entendu sous le régime de l'audition libre, le 20 octobre 2026 à 11h52, sur son identité et aux fins de lui remettre une convocation pour une nouvelle audition libre le 23 octobre 2026 à 09h30", précise le parquet. Trois jours plus tard, vers 10 heures, l'homme de 39 ans a ouvert le feu à Trappes, avant d'être interpellé à 10h20 à Coignières.

«Je vais te tuer»

Le soir du 20 octobre, à 20h23, l'automobiliste blessé s'est présenté au commissariat de Levallois-Perret afin de déposer plainte "pour violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'une incapacité de travail n'excédant pas huit jours". Lors de son audition, il "expliquait qu'il avait demandé à un automobiliste de décaler son véhicule afin de pouvoir prendre de l'essence. Comme celui-ci avait refusé, il s'était garé". "Alors qu'il était sorti de son véhicule, il avait entendu arriver une personne derrière lui. Il s'était retourné et avait reçu du gaz lacrymogène dans le visage puis des coups. Il avait été frappé tandis qu'il était au sol", poursuit le communiqué. La victime a également rapporté avoir entendu l'automobiliste dire : "je vais te tuer, fils de pute, tu vas voir".

Une convocation à l'unité médico-judiciaire (UMJ) a été remise au plaignant, afin d'évaluer son incapacité totale de travail. Le 22 octobre, les enquêteurs du commissariat ont requis les images de vidéoprotection de la station-service, "lesquelles ne pouvaient leur être délivrées avant le 27 octobre 2026". "La victime ne se présentait pas aux UMJ. Les 22 et 28 octobre 2026, elle ne répondait pas aux appels téléphoniques des policiers", indique encore le parquet, qui conclut : "Cette procédure a été portée à la connaissance du parquet de Nanterre ce jour."

Kévin T. a été mis en examen ce jeudi par trois juges d'instruction antiterroristes, notamment pour assassinat et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante raciste. Il a été placé en détention provisoire dans la soirée. La famille de Pengo Bossio Wangi s'interroge, de son côté, sur une éventuelle responsabilité de l'État.