Condamné dans l'affaire Samuel Paty, il retourne en prison après une sortie au Parc Astérix

Contrôlé sur le parking du Parc Astérix, dans l'Oise, un homme de 25 ans a été renvoyé en prison pour avoir enfreint son assignation à résidence. Il avait été condamné en appel, en mars, dans le dossier de l'assassinat de Samuel Paty.
Condamné dans l'affaire Samuel Paty, il retourne en prison après une sortie au Parc Astérix
Le Parc Asterix est situé à à Plailly, dans l'Oise. (Illustration / Martin Lewison / Flickr)
Par Actu17
Le mardi 1 septembre 2026 à 12:59

Un homme condamné en appel dans le dossier de l'assassinat de Samuel Paty a écopé, lundi 31 août, d'un an de prison ferme devant le tribunal correctionnel de Senlis (Oise), jugé en comparution immédiate pour non-respect de son assignation à résidence. Azim Epsirkhanov, 25 ans, avait été contrôlé trois jours plus tôt sur le parking du Parc Astérix, à Plailly, alors qu'il n'avait pas le droit de quitter les Hauts-de-Seine dans l'attente de son expulsion du territoire français. Selon Le Parisien, le tribunal a également prononcé une interdiction définitive du territoire français à son encontre.

Le prévenu a été repéré vendredi vers 15h30 lors d'un contrôle routier, à la sortie du parking du parc d'attractions. La consultation des fichiers par les gendarmes a alors révélé qu'il lui était interdit de sortir de son département de résidence.

La préfecture l'avait assigné à résidence au domicile de sa compagne, dans les Hauts-de-Seine. Il devait par ailleurs pointer deux fois par jour au commissariat dont dépend son domicile, en attendant l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) prononcée à son encontre, qu'il conteste devant le tribunal administratif.

«Je n'ai jamais cherché à me soustraire à cette mesure»

À l'audience, il a invoqué "une incompréhension, une mauvaise lecture de [s]a part" de la décision préfectorale, assurant qu'il n'avait pas saisi qu'il lui était interdit de sortir du département. "Je n'ai jamais cherché à me soustraire à cette mesure", a-t-il martelé. Le jeune homme, d'origine tchétchène, a justifié son recours contre son éloignement par le sort réservé selon lui à ses compatriotes en Russie, les premiers, dit-il, à être envoyés combattre en Ukraine. "Un retour là-bas serait un aller simple pour la mort."

Le substitut du procureur a pourtant relevé que le prévenu avait quitté les Hauts-de-Seine à huit reprises, y compris de nuit, alors que cela lui était interdit. Il avait d'ailleurs déjà été condamné pour ne pas avoir respecté cette même assignation. "Ce qui nous inquiète, au regard de la personnalité du prévenu, c'est de savoir ce qu'il pouvait bien faire au parc Astérix", a insisté le magistrat, avant de revenir sur ses antécédents judiciaires. "Le prévenu est celui qui a fourni l'arme qui a causé la mort de Samuel Paty", a-t-il également déclaré. "C'est mensonger, ce n'est pas moi qui ai fourni l'arme", a contesté Azim Epsirkhanov depuis le box.

En défense, Me Figen Aydin a plaidé pour que son client soit jugé sur les seuls faits reprochés, et non sur son passé judiciaire.

Une peine ramenée à sept ans en appel

Ami de longue date d'Abdoullakh Anzorov, Azim Epsirkhanov a accompagné le terroriste, la veille de l'attentat, dans une coutellerie où a été acheté le couteau utilisé pour décapiter Samuel Paty. Le professeur d'histoire-géographie a été assassiné le 16 octobre 2020 à proximité de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), et l'assaillant, âgé de 18 ans, a été abattu par la police peu après son passage à l'acte.

Il s'est toujours défendu d'avoir su ce que préparait Abdoullakh Anzorov. Condamné en première instance, en 2024, à 16 ans de réclusion criminelle pour complicité d'assassinat terroriste, il a vu la cour d'assises spéciale d'appel requalifier les faits en association de malfaiteurs et abaisser sa peine à sept ans, en mars 2026. Il a été libéré en avril 2026.