Le samedi 28 mars 2026 à 12:41 - MAJ samedi 28 mars 2026 à 12:52
La mairie de Fresnes (Val-de-Marne) a été la cible de tirs de mortiers d'artifice et saccagée dans la soirée du vendredi 27 mars par une vingtaine d'individus cagoulés. Les faits se sont produits à la veille de l'installation du nouveau conseil municipal. Malgré cet épisode, Christophe Carlier (LR), vainqueur des élections municipales dimanche dernier, a été officiellement élu maire samedi.
Vers 22 heures, une vingtaine de personnes, le visage dissimulé, ont tiré des mortiers d'artifice en direction du bâtiment avant d'en fracturer la porte d'accès et de pénétrer à l'intérieur. Plusieurs pièces ont été saccagées et du mobilier a été endommagé. Dans une publication sur Facebook, la maire sortante Marie Chavanon (PS) a décrit les dégâts à l'intérieur du bâtiment. Les assaillants ont notamment saccagé "l'accueil unique, les écrans et la console d'alarme" et renversé des tables qui avaient été dressées pour la réception prévue par le nouveau maire le lendemain matin.
Les suspects ont ensuite pris la fuite. Sur leur passage, ils ont dégradé la devanture d'une auto-école voisine dans laquelle ils ont dérobé une mini-moto, et s'en sont également pris à la façade d'une banque, souligne une source proche de l'affaire. Les policiers sont rapidement intervenus et un véhicule a été posté devant la mairie. La sûreté territoriale du Val-de-Marne (ST 94) a été saisie de l'enquête.
La mairie de Fresnes, ville historiquement ancrée à gauche, a basculé à droite lors du second tour des élections municipales. Christophe Carlier (LR), ancien conseiller municipal d'opposition, l'a emporté avec 45% des voix, devant la maire sortante Marie Chavanon (PS, 43%) et le candidat Renaissance Jean-Jacques Bridey (11%). Les motivations des agresseurs "pourraient être liées au basculement de la mairie à droite", confient plusieurs sources policières.
«Porter atteinte à une mairie, c'est porter atteinte à notre République»
Lors du conseil municipal d'installation, samedi, le nouveau maire a réagi à l'attaque. "Je déplore les événements qui ont eu lieu hier soir en mairie, les dégradations qui ont été causées", a-t-il déclaré. "Je remercie vivement les forces de police nationale pour leur intervention rapide afin de sécuriser le bâtiment, qui est notre maison commune", a-t-il ajouté, remerciant également les services municipaux mobilisés pour assurer le bon déroulement de la séance. Il a promis de "prendre toute la mesure de cette situation".
De son côté, Marie Chavanon a exprimé sa "colère" sur sa page Facebook avant le début du conseil. "C'est la première fois que nous assistons à un tel événement de violence urbaine coordonné sur Fresnes, prenant délibérément pour cible notre mairie", a-t-elle écrit, se disant "stupéfaite par la violence et la rapidité d'exécution de cet acte". Précisant que les motivations et la provenance du groupe restaient inconnues à ce stade, l'élue socialiste a appelé "solennellement les Fresnoises et les Fresnois au calme".
«Ces voyous doivent être mis hors d'état de nuire»
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a réagi sur le réseau social X. "Tout est mis en œuvre pour les identifier, les interpeller et les traduire en justice : porter atteinte à une mairie, c'est porter atteinte à notre République", a-t-il déclaré, apportant "tout [son] soutien aux élus de Fresnes et à tous les Fresnois".
Ces voyous doivent être mis hors d’état de nuire et fermement sanctionnés.
Merci @NunezLaurent et aux forces de l’ordre pour leur pleine mobilisation. https://t.co/x6L6AHL9VO pic.twitter.com/Z5sdZ53sM1
— Vincent Jeanbrun (@VincentJeanbrun) March 28, 2026
Le ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun, qui assistait au conseil municipal d'installation, a écrit sur X : "Malgré l'attaque lâche et violente de l'hôtel de ville hier soir, rien ne pourra gâcher la joie de voir Fresnes reprendre son destin en main". "Ces voyous doivent être mis hors d'état de nuire et fermement sanctionnés", a-t-il ajouté. Le ministre a également joint à sa publication des images issues de la vidéosurveillance de la ville, montrant plusieurs individus cagoulés devant et à l'intérieur de la mairie.
La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a pour sa part condamné "la violence déchaînée de ces délinquants qui n'acceptent pas la démocratie et les résultats du scrutin".