Le mercredi 21 janvier 2026 à 23:31
Une enquête a été ouverte pour "traite d'êtres humains" et "travail dissimulé" à l'encontre de Lucas Hernandez, défenseur du Paris Saint-Germain, et de sa compagne Victoria Triay, a annoncé le parquet de Versailles mercredi 21 janvier, confirmant une information de Paris Match. Une famille colombienne est à l'origine de la plainte. L'enquête a été confiée à la brigade de recherches de Saint-Germain-en-Laye.
Un couple et leurs trois enfants affirment avoir travaillé pendant un an au service de la famille Hernandez, occupant des postes de gardiennage, sécurité, ménage et cuisine. Selon leur avocate, Lola Dubois, ils "se sont retrouvés à travailler pour un an dans cette famille, sans droits". Elle précise qu'ils travaillaient entre 70 et 80 heures par semaine, sans congés payés, sans vacances, sans documents établissant le droit des salariés, pour un salaire d'environ 2000 euros net payé en espèces.
Ces conditions de travail, malgré des "avantages en nature" liés à la vie du joueur, combinées à la "vulnérabilité économique" de la famille, font que leur situation "s'apparente à une forme d'esclavage moderne", estime l'avocate. Des contrats de travail ont bien été établis, mais seulement "un an après la prise de poste". Selon Lola Dubois, ils l'ont été "pour donner l'impression d'une situation régulière".
Une «confiance trahie» dénoncent Lucas Hernandez et sa compagne
Dans un communiqué, le champion du monde 2018 et sa conjointe contestent ces accusations. Ils affirment avoir été "manipulés" et n'avoir "jamais agi avec une intention malveillante ni dans le mépris de la loi". "Ces personnes ont partagé notre vie avec respect et dignité", écrivent-ils. Lucas Hernandez et Victoria Triay évoquent une "confiance trahie" et assurent au sujet des membres de cette famille les avoir "aidés, soutenus et crus" lorsqu'ils leur "ont assuré être en cours de régularisation de leur situation". "Cette affaire est désormais traitée par les voies juridiques appropriées, là où les faits (...) ont leur place", concluent-ils, appelant "à la décence, à la retenue et au respect".
En 2019, Lucas Hernandez avait été condamné en Espagne pour violences conjugales, pour des faits remontant à 2017. Une peine de six mois de prison pour non-respect d'une mesure d'éloignement avait été requise, mais l'international français avait finalement échappé à l'incarcération après un recours en 2021.