Meurtre de Thomas : ultra-droite, 27 interpellations... ce que l'on sait des violences à Romans-sur-Isère

Une semaine après le meurtre du jeune Thomas à Crépol, les forces de l'ordre ont été confrontées à des violences dans le quartier de la Monnaie, à Romans-sur-Isère (Drôme), avec la présence de "80 individus" de l'ultra-droite venus en découdre.
Meurtre de Thomas : ultra-droite, 27 interpellations... ce que l'on sait des violences à Romans-sur-Isère
Un groupe de 80 individus d'ultra-droite se sont rendus dans le quartier de la Monnaie à Romans-sur-Isère, ce samedi soir. (capture écran / DR)
Par La Rédaction
Le dimanche 26 novembre 2023 à 19:58

La tension est montée au cours du week-end à Romans-sur-Isère (Drôme), une semaine après une agression ultra-violente à l'arme blanche qui a coûté la vie au jeune Thomas, un lycéen de 16 ans, dans le petit village de Crépol. Des affrontements ont éclaté suite à l'arrivée de dizaines de membres de l'ultra-droite dans le quartier de la Monnaie, d'où sont originaires plusieurs des neufs suspects mis en examen. Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à de nombreuses interpellations.

"Vers 18 heures, 80 individus ont tenté d'entrer dans le quartier de la Monnaie pour en découdre et ont affronté les forces de l'ordre", a déclaré la préfecture de la Drôme. Les violences ont eu lieu en dehors du quartier. Des poubelles ont été renversées et des containers incendiés. Le groupe a défilé en scandant "La rue, la France, nous appartient" derrière une banderole "Justice pour Thomas, ni pardon, ni oubli".

27 interpellations

Le préfet de la Drôme, Thierry Devimeux, a souligné à France Bleu la violence des manifestants : "Ils venaient de tout la France. Ils cherchaient à rentrer dans le quartier de la Monnaie avec violence, puisqu'ils étaient pour certains casqués, armés de battes de baseball, barres de fer ou de pétards, mortiers". Vingt personnes ont été interpellées, et dix-sept placées en garde à vue. Dimanche en fin d'après-midi, la préfecture a annoncé "sept nouvelles interpellations : trois membres de l'ultradroite, mais aussi quatre jeunes du quartier de la Monnaie". Tous étaient "porteurs d’armes ou armes par destination". 24 personnes ont été placées en garde à vue au total.

Une vidéo amateur montrant le groupe d'individus arrivant samedi soir dans le quartier de la Monnaie, a été publiée sur les réseaux sociaux.

Un homme gravement blessé

Un jeune homme de 20 ans, présenté comme étant de l'ultradroite, a subi de graves blessures. "En marge des affrontements de ces jeunes d'ultradroite avec les forces de l'ordre, un jeune de 20 ans a été sorti de sa voiture de force, sa voiture brûlée et ce jeune a été tabassé par un groupe d'autres jeunes dont nous ne connaissons pas l'identité pour l'instant. Il a été tabassé sérieusement", a détaillé le préfet ce dimanche, à BFMTV. Transporté à l'hôpital, les jours de la victime, originaire de Mayenne, ne sont pas en danger.

120 membres des forces de l'ordre

Les autorités avaient pourtant anticipé le rassemblement. "Nous avons eu des informations hier [samedi], dans l'après-midi, que des gens d'ultradroite, venant des quatre coins de la France, allaient chercher à venir à Romans pour mener une expédition punitive", a confié le préfet. Deux unités de force mobile, dont la CRS 8, spécialisée dans les violences urbaines importantes, ont été déployées, totalisant jusqu'à 120 membres des forces de l'ordre.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a prévenu, sur le réseau social X, que les forces de l'ordre vont "retrouver tous les auteurs d'actes inacceptables".

Le procureur de la République de Valence, Laurent de Caigny, a annoncé ce samedi soir que neuf jeunes ont été mis en examen pour leur présumée implication dans le meurtre de Thomas. Ils sont poursuivis pour "meurtre en bande organisée", "tentatives de meurtre" et "violences volontaires commises en réunion". Six ont été placés en détention provisoire, et les trois autres placés sous contrôle judiciaire.

Un rassemblement a eu lieu ce dimanche

Un nouveau rassemblement de l'ultra-droite a eu lieu ce dimanche midi, avec une trentaine de membres se réunissant place Jean-Jaurès et scandant "Justice pour Thomas", sous la surveillance des forces de l'ordre, avant de se disperser sans incident majeur. "La situation s'est calmée, mais nous restons sous haute surveillance", a précisé la préfecture en fin de journée.