Mont-de-Marsan : Le corps d'Isabelle Aleci retrouvé enterré dans un jardin, son ex-compagnon en garde à vue

Isabelle Aleci, 44 ans, portée disparue après Noël à Mont-de-Marsan (Landes), a été retrouvée enterrée dans le jardin du domicile qu'elle partageait encore avec son ancien compagnon. Celui-ci a reconnu l'avoir tuée. Une enquête pour meurtre par conjoint ou ex-conjoint a été ouverte.
Mont-de-Marsan : Le corps d'Isabelle Aleci retrouvé enterré dans un jardin, son ex-compagnon en garde à vue
Isabelle Aleci était âgée de 44 ans. (Facebook)
Par Actu17
Le vendredi 2 janvier 2026 à 20:36 - MAJ vendredi 2 janvier 2026 à 20:48

Une enquête a été ouverte après la découverte du corps d'Isabelle Aleci, 44 ans, domiciliée à Mont-de-Marsan (Landes), retrouvée enterrée dans le jardin du domicile qu'elle partageait encore avec son ancien compagnon. L'homme a reconnu avoir causé sa mort à la suite du réveillon de Noël. Signalée disparue le 28 décembre, elle faisait l'objet d'une procédure ouverte par le parquet pour disparition jugée inquiétante, avant que les investigations ne conduisent les forces de l'ordre jusqu'à la découverte de son corps au domicile de son ex-partenaire, désormais placé en garde à vue pour meurtre par conjoint ou ex-conjoint.

Le 28 décembre 2025, "le commissariat de police de Meaux était destinataire du signalement de la disparition inquiétante de Madame Isabelle Aleci, âgée de 44 ans et domiciliée à Mont-de-Marsan", indique la procureure de la République de Mont-de-Marsan, Alexa Dubourg, dans un communiqué ce vendredi. La magistrate précise que sa sœur, "qui avait reçu dans la nuit de Noël un SMS émis depuis sa ligne téléphonique et faisant état de sa volonté de rompre avec sa famille et de changer de numéro de téléphone, déclarait qu'elle aurait quitté son domicile le 25 décembre, selon les informations communiquées par son ancien compagnon dont elle partageait encore le domicile".

"Informé de ces éléments, le parquet de Mont-de-Marsan ouvrait le même jour, sur le fondement des dispositions de l'article 74-1 du code de procédure pénale, une procédure de disparition inquiétante ou suspecte, dont les premières investigations étaient confiées au commissariat de police de Meaux puis de Mont-de-Marsan". Le communiqué ajoute qu'Isabelle Aleci était "en contact téléphonique quotidien avec son père", avec lequel elle avait eu "un dernier échange verbal le 24 décembre 2025", avant de ne plus lui donner aucune nouvelle.

Selon la procureure, "il ressortait des premières vérifications menées que Madame Isabelle Aleci était effectivement absente de son domicile montois". Les investigations téléphoniques permettaient cependant d'établir que "depuis le 24 décembre 2025 et jusqu'au 27 décembre 2025 en fin d'après-midi, son téléphone portable avait uniquement déclenché deux relais la situant à Mont-de-Marsan et couvrant le secteur géographique de son domicile", avant que le téléphone ne soit éteint. Entendu par les enquêteurs, son ancien compagnon faisait état "d'une relation de couple chaotique marquée par de nombreuses séparations, des départs soudains du domicile et les conduites addictives de son ex compagne". Il expliquait qu'ils étaient séparés mais qu'"il lui avait proposé de l'héberger au cours de l'été 2025 lorsqu'elle avait rencontré des difficultés financières" et précisait que leur quotidien était "émaillé de disputes en lien avec les dépenses de Madame Isabelle Aleci, qu'il devait prendre à sa charge".

Il affirme qu'elle est partie avec deux inconnus

Au sujet de la disparition, le parquet rapporte que le suspect "déclarait que le 25 décembre 2025, aux environs de 6 heures du matin, elle avait quitté les lieux, prise en charge par deux individus qu'il ne connaissait pas, venus la chercher en voiture". Elle lui aurait indiqué que l'un d'eux était son nouveau compagnon et qu'"elle partait passer quelques jours en Espagne puis au Portugal". Il précisait avoir constaté "qu'elle était partie avec toutes ses affaires personnelles" et disait n'avoir plus reçu de nouvelles depuis un dernier SMS qu'elle lui avait adressé "le 25 décembre 2025 à 23h57". La procureure indique encore que "la perquisition menée au domicile de Madame Isabelle Aleci ainsi que l'exploitation de la vidéosurveillance de la ville et les investigations bancaires, téléphoniques, d'environnement et de voisinage menées pour tenter de la localiser demeuraient vaines". Si certains témoignages recueillis confirmaient "une possible problématique alcoolique et des ruptures de contact soudaines et périodiques avec sa famille", son entourage proche "s'étonnait cependant de son départ sans sa fille mineure dont elle s'occupait habituellement".

Le parquet précise qu'"le 31 décembre 2025, à la suite de la diffusion d'un appel à témoins, deux témoins se manifestaient auprès du commissariat de police de Mont-de-Marsan pour signaler avoir reçu de la part de Madame Isabelle Aleci des confidences susceptibles de présenter un rapport avec sa disparition".Le premier témoin déclarait ainsi qu'"elle lui avait dit, vraisemblablement au printemps 2025, s'être séparée de son compagnon parce qu'il s'était montré violent avec elle, sans autres précisions", en précisant "n'avoir cependant jamais constaté de trace de coup sur la personne de Madame Aleci". Le second témoin déclarait pour sa part qu'"elle lui avait un jour confié qu'il l'avait déjà frappée et menacée de mort et qu'il faudrait qu'elle prévienne la police si elle devait disparaître".

Le corps était enveloppé dans une housse de couette

"À la lumière de ces nouveaux éléments et des investigations notamment téléphoniques, en contradiction avec l'hypothèse d'un départ volontaire du territoire national de Madame Isabelle Aleci, le service interdépartemental de police judiciaire des Pyrénées-Atlantiques (SIPJ 64) était cosaisi de la poursuite des investigations".

Le communiqué poursuit : "Le 1er janvier 2026, une nouvelle perquisition et des constatations approfondies étaient opérées au domicile de Madame Isabelle Aleci et de son ancien compagnon". Face à la découverte par les enquêteurs de "terre fraîchement retournée dans le jardin", ce dernier déclarait "avoir causé la mort de son ex-compagne après la soirée du réveillon de Noël et avoir dissimulé son corps à cet endroit". La poursuite des constatations devait effectivement permettre, selon le parquet, d'"y découvrir le corps d'une femme décédée, enterré, enveloppé dans une housse de couette et correspondant a priori à celui de Madame Isabelle Aleci". "Une enquête préliminaire du chef de meurtre par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, confiée au SIPJ 64, était immédiatement ouverte et le mis en cause interpellé et placé en garde à vue".

Selon Sud Ouest, le suspect a déclaré avoir "étranglé" son ex-compagne "au cours d’une dispute sur fond d’alcool".

Le suspect est déjà connu de la justice

Le procureur précise qu'"une autopsie a été ordonnée et les investigations sont en cours aux fins de recueillir les déclarations du suspect et de déterminer avec précision le déroulement des faits et les causes et circonstances du décès de la victime". S'agissant du profil judiciaire du mis en cause, le communiqué indique qu'"âgé de 41 ans et défavorablement connu des services de police et de la justice pour des faits d'atteintes aux biens et délits routiers ayant donné lieu à dix condamnations entre 2005 et 2011, le mis en cause n'a jamais été condamné pour des faits d'atteintes aux personnes". "Aucune plainte n'avait par ailleurs jamais été déposée à son encontre par Madame Isabelle Aleci".