Oise : Un moniteur d'auto-école surpris au volant avec un permis suspendu

Au volant de son véhicule lors d'un contrôle mené par les gendarmes au centre d'examen du permis de conduire de Tillé (Oise), un moniteur, par ailleurs gérant d'une auto-école, faisait pourtant l'objet d'une suspension de permis. Il fait désormais l'objet d'une procédure judiciaire.
Oise : Un moniteur d'auto-école surpris au volant avec un permis suspendu
Illustration. (Shutterstock)
Par Actu17
Le dimanche 3 mai 2026 à 17:49

Les gendarmes de Beauvais (Oise) ont mené un contrôle inopiné au centre d'examen du permis de conduire de Tillé, le 27 avril dernier. Plusieurs infractions ont été constatées par les militaires, notamment un moniteur et gérant d'auto-école qui prenait le volant alors que son permis lui avait été retiré. Sur certains véhicules de l'établissement, un pneu lisse et un défaut de contrôle technique ont également été relevés. Une procédure judiciaire a été engagée à l'encontre du moniteur.

L'opération a été conduite par les militaires du peloton motorisé de Beauvais, accompagnés pour l'occasion d'agents de la Direction départementale des territoires (DDT). L'opération a permis de soumettre à un contrôle l'ensemble des personnes présentes sur place, qu'il s'agisse des examinateurs, des enseignants de la conduite ou des candidats inscrits aux épreuves des catégories A, B et C.

Un pneu lisse et un défaut de contrôle technique

Lors des vérifications, les militaires ont constaté que l'un des moniteurs, par ailleurs gérant d'une auto-école, conduisait malgré une suspension de son permis, rapporte Ici. Plusieurs voitures du parc de l'auto-école présentaient en outre des défaillances mécaniques. Un pneu usé jusqu'à la corde a été repéré sur l'un des véhicules, tandis qu'un autre roulait sans contrôle technique à jour.

Ces faits s'inscrivent dans un contexte plus large de dérives constatées dans le secteur des auto-écoles. Début février 2026, un contrôle inopiné mené au centre d'examen de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise) avait permis aux gendarmes d'interpeller un moniteur qui enseignait la conduite sans permis valide, rappelle Le Parisien. Début mars, le quotidien francilien révélait également de multiples dérives dans la profession : des moniteurs contrôlés sous l'emprise de stupéfiants ou d'alcool, des comportements inappropriés à l'égard d'élèves, ou encore des irrégularités administratives.

Plus de 7000 épreuves annulées en 2024

Le phénomène prend une ampleur nationale. L'année 2024 a été marquée par l'annulation de plus de 7000 épreuves et la fermeture de 83 centres agréés, selon les chiffres communiqués par la Délégation interministérielle à la Sécurité routière. Ces sanctions sont intervenues à la suite d'usurpations d'identité, de substitutions de candidats lors des examens ou de manquements constatés dans certains centres.

Pour endiguer ces fraudes, le ministère de l'Intérieur a pris un arrêté, publié le 29 avril au Journal officiel. Le texte impose dorénavant aux exploitants souhaitant ouvrir un centre d'examen d'obtenir au préalable un agrément préfectoral, dont la durée est fixée à cinq ans avec possibilité de renouvellement. Il prévoit également un renforcement des contrôles et interdit les inscriptions en dernière minute, afin de laisser à la police ou à la gendarmerie le temps "de procéder aux contrôles nécessaires sur les listes de candidats, notamment en cas de suspicion de fraude", précise la Délégation interministérielle à la Sécurité routière dans un communiqué.