Le lundi 11 mai 2026 à 21:44
Un Tunisien de 27 ans a été mis en examen et écroué ce lundi 11 mai à Paris. Il est soupçonné d'avoir projeté une attaque djihadiste visant un musée parisien et la communauté juive du XVIe arrondissement de Paris, selon les informations révélées par Le Monde et confirmées par le Parquet national antiterroriste (PNAT). Le ministère public précise qu'une enquête préliminaire a été "initiée le 6 mai 2026 du chef d'association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes confiée à la DGSI et la SAT-BC". Selon Le Monde, le musée visé est celui du Louvre.
L'affaire a démarré à la faveur d'un contrôle de police dans le centre de la capitale, le 28 avril dernier. Dhafer M., domicilié à La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) et arrivé en France en 2022 depuis Lampedusa, île italienne située au large de la Tunisie, circulait au volant d'un véhicule avec un faux permis. Placé en garde à vue pour détention de faux document administratif, il a ensuite été conduit en centre de rétention administrative (CRA), faute de titre de séjour valide. C'est l'exploitation de son téléphone à cette occasion qui a tout fait basculer.
Des vidéos de propagande djihadiste et des photos d'armes
Les fonctionnaires ont découvert sur son appareil de nombreuses
vidéos de propagande djihadiste, ainsi que des centaines de photos
d'armes à feu et de couteaux. Le jeune homme utilisait comme photo
de profil sur ses réseaux sociaux l'image d'un combattant de l'État
islamique (EI) en train d'exécuter des prisonniers, tirée d'une
vidéo de l'organisation terroriste. Dhafer M. échangeait également
sur des messageries chiffrées avec plusieurs contacts à l'étranger,
possiblement liés à des groupes djihadistes.
Dans ces conversations, il a évoqué connaître des accès menant au
Louvre et la fabrication d'explosifs qu'il pourrait déposer au
musée. Il a également mentionné la confection de "ricine",
un poison, d'après Le Monde.
Mis en examen et écroué
Après neuf jours au CRA, la justice a ordonné la remise en
liberté de Dhafer M., qui avait fait appel de son obligation de
quitter le territoire français (OQTF). Le jeune homme a été
interpellé dès sa sortie, jeudi 7 mai, par les policiers de la
Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), avisés de
l'exploitation de son téléphone. La section antiterroriste de la
brigade criminelle de Paris a été co-saisie de l'enquête. À l'issue
de sa garde à vue, le PNAT a requis ce lundi "l'ouverture d'une
information judiciaire du chef d'association de malfaiteurs
terroriste en vue de crimes contre les personnes à son encontre,
ainsi que son placement en détention provisoire". Une source
judiciaire a confirmé la "mise en examen de l'intéressé et son
placement en détention provisoire conformément aux réquisitions du
PNAT".
Lors de sa garde à vue, Dhafer M. a contesté tout projet
terroriste, justifiant ses recherches et ses discussions par la
"curiosité" et sa volonté de comprendre "la façon de
réfléchir" des sympathisants de Daech.