Projet d'attentat déjoué à Lille : un troisième homme mis en examen et écroué

Soupçonné d'avoir échangé sur une boucle Telegram djihadiste avec deux adolescents auteurs d'un projet d'attentat dans le Nord, un homme d'une trentaine d'années a été écroué vendredi. Il nie toute intention violente.
Projet d'attentat déjoué à Lille : un troisième homme mis en examen et écroué
Le siège de la DGSI à Levallois-Perret. (Ip3 Press/Maxppp)
Par Actu17
Le samedi 23 mai 2026 à 10:47

Un homme d'une trentaine d'années a été mis en examen et écroué ce vendredi 22 mai pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", dans le cadre de l'instruction ouverte en février 2026 sur un projet d'attentat déjoué dans le Nord, où deux mineurs de 16 ans sont déjà poursuivis.

Arrêté dans le Sud-Ouest, le suspect a été déféré vendredi devant une juge des libertés et de la détention (JLD), qui l'a placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du Parquet national antiterroriste (PNAT). "Un homme majeur a été déféré ce jour devant le magistrat instructeur, mis en examen du chef de participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle et placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du PNAT", a indiqué une source judiciaire, confirmant une information de BFMTV. La procureure antiterroriste a ensuite requis le huis clos "pour préserver" l'information judiciaire, qui en est "à ses prémices".

Une boucle Telegram à l'origine des investigations

C'est l'exploitation des téléphones des deux adolescents interpellés dans le Nord en février qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu'à lui. Les investigations ont mis au jour un groupe Telegram sur lequel une dizaine de personnes échangeaient autour du djihadisme et de la charia. Selon BFMTV, la chaîne arborait en photo de profil le visage de Sami Amimour, l'un des terroristes du Bataclan. Trois suspects ont été interpellés le 19 mai et conduits dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Toujours selon BFMTV, le plus jeune, âgé de 17 ans, a été interpellé à Vincennes (Val-de-Marne). Deux des suspects ont été relâchés sans poursuites à l'issue de leur garde à vue, et seul le trentenaire a été écroué.

Aux yeux des enquêteurs, son activité en ligne révèle "un profil inquiétant", appuyé sur ses "conversations" ou "ses recherches de vidéos". D'après nos confrères, l'homme a contesté pendant sa garde à vue tout projet violent en France, estimant que les discussions sur Telegram ne traduisaient aucune intention de passage à l'acte.

Un projet visant un centre commercial ou une salle de concert

L'instruction a pour origine un projet d'attentat visant un centre commercial ou une salle de concert de Lille (Nord). Les deux adolescents de 16 ans avaient été interpellés en février, puis mis en examen et écroués à Paris. L'un d'eux nourrissait une fascination "pour les figures djihadistes" et "a reconnu avoir projeté de commettre une action violente", avait expliqué le PNAT. Le second, "informé de ses projets, est soupçonné d'avoir contribué à renforcer ses convictions radicales violentes", selon le parquet.

Le premier mineur présentait par ailleurs "un intérêt certain pour les explosifs". Il "a admis avoir acquis des produits chimiques en vue de réaliser, à son domicile, des tests de combustion", avait souligné le PNAT. Selon la chaîne d'informations, le jeune homme s'était lancé dans la fabrication de TATP, un puissant explosif, en s'appuyant sur des produits chimiques et sur ChatGPT. Il comptait également se procurer une arme à feu.