Soupçons de piqûres sauvages lors d'un concert à Toulon : un homme de 20 ans mis en examen

Trois femmes ont affirmé avoir été agressées par cet homme durant "La Chanson de l'Année" sur TF1, un concert filmé qui s'est déroulé sur une plage de Toulon (Var), ce vendredi. Une trentaine de personnes affirment avoir subi une piqure durant cette soirée. De son côté, le suspect nie les faits. Il a été mis en examen, une première en France depuis le début de cette vague de piqures sauvages.
Soupçons de piqûres sauvages lors d'un concert à Toulon : un homme de 20 ans mis en examen
Illustration. (Shutterstock)
Par Actu17
Le mercredi 8 juin 2022 à 01:27

Un homme âgé de 20 ans en situation irrégulière en France a été mis en examen ce dimanche pour "violences aggravées par deux circonstances, arme et préméditation" avant d'être placé en détention provisoire a annoncé le parquet de Toulon (Var). Une information judiciaire a été ouverte. Ce ressortissant tunisien est notamment soupçonné d'avoir utilisé une seringue pour piquer ou tenter de piquer des personnes vendredi soir, sur les plages du Mourillon, durant l'enregistrement de l'émission "La Chanson de l'Année" sur TF1.

Environ 15 000 spectateurs ont assisté à ce concert qui a été diffusé sur la chaîne de télévision, auquel de nombreux artistes ont participé. Au total, une trentaines de personnes se sont présentées au commissariat dans les heures qui ont suivi, affirmant avoir fait l'objet d'une piqure durant ce spectacle. "Elles ont toutes été dirigées vers l'hôpital afin qu'un prélèvement puisse être réalisé, ainsi que des examens, pour déterminer si une substance a été injectée, et si oui, laquelle".

«Elle a été victime d’un malaise»

Durant cette nuit festive, marquée par ces agressions, un homme de 20 ans a été interpellé et placé en garde à vue. Ce dernier s'est d'abord fait remarquer en se montrant agressif envers une agent de sécurité à l'entrée du site. Peu après, la victime a été prise en charge par les secours après avoir décrit "des vertiges", d'après cette même source. "Elle a déclaré qu'elle avait ressenti une piqure à un poignet en croisant le suspect, avant de se sentir mal", souligne-t-on. "Elle a été victime d’un malaise, mais nous n’avons pas pu encore déterminer si ce malaise était lié à une substance nuisible introduite dans la seringue ou à la situation de stress qu’elle venait de connaître", a détaillé le parquet de Toulon.

Les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont été requis vers 22 heures pour une femme qui venait d'être agressée par un homme muni d'une seringue, qui avait tenté de la piquer, en vain. Les agents de sécurité ont repéré un suspect, qui correspondait à la description, peu après. Les policiers de la BAC l'ont immédiatement interpellé. Une troisième victime - également une jeune femme - a elle aussi rapporté avoir subi une agression de la part de cet homme, sans être piquée.

Il nie les faits

Au moment de son interpellation, le suspect n'avait aucune seringue sur lui. Des constatations sur le site du concert n'ont pas non plus permis d'en retrouver. Une perquisition a également été menée au domicile de cet homme mais n'a pas permis de découvrir des éléments probants. "Deux des trois victimes ont en tout cas reconnu formellement le suspect", ajoute cette source.

Le jeune Tunisien nie quant à lui les faits, malgré des témoignages le mettant en cause. Celui-ci fait par ailleurs l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), qui n'a pas été respectée et qui pourrait ne jamais l'être étant donné qu'il est le père d'un enfant. Cet homme est déjà connu des services de police pour des faits de violences, d'usage de produits stupéfiants ou encore de vols. Il a également été condamné en 2020 pour violences conjugales sur sa compagne selon Le Figaro.

Un protocole pour les victimes

Les enquêteurs de la sûreté départementale du Var sont en charge des investigations. Il y a un mois, le parquet de Toulon a mis en place un protocole avec les forces de l'ordre. Un examen médico-légal pour les victimes a été instauré. Il s'agit d'effectuer des prélèvements sanguins et urinaires, ainsi que des prélèvements capillaires dans les six semaines. Le but : détecter avec précision une substance toxique qui aurait été injectée.

Depuis plusieurs mois, les cas de piqures sauvages se multiplient partout en France, notamment dans les boites de nuit ou les lieux festifs comme les concerts. Au total, près de 400 plaintes auraient déjà été déposées. Cette mise en examen à Toulon est la première depuis le début de cette vague d'agressions à la seringue, à l'automne dernier.

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