Six Français et leurs guides tués dans une attaque par des hommes armés au Niger : ce que l’on sait


Huit personnes dont six Français ont été tuées dans cette attaque au Niger. (photo Twitter/DR)

Huit personnes ont été tuées dans une attaque armée ce dimanche au sud de Niamey, au Niger. Six Français dont des humanitaires de l’ONG Acted et deux Nigériens font partie des victimes. Le président de la République Emmanuel Macron évoque un « attentat ».

Mise à jour 12h25 : Le parquet nationale antiterroriste (PNAT) annonce avoir ouvert une enquête pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste ».

Les assaillants ne leur ont laissé aucune chance. Six Français qui étaient accompagnés d’un guide et d’un chauffeur, ont été attaqués par des hommes armés ce dimanche dans la zone de Kouré au Niger. Le gouverneur de la région de Tillabéri a annoncé dans l’après-midi la mort des huit victimes.

Au moins une a été identifiée, il s’agit bien d’un Français souligne Le Figaro. Les autorités nigérienne affirment que les cinq autres expatriés sont aussi des Français. Les vérifications se poursuivent ce lundi du côté du Quai d’Orsay, qui a confirmé dimanche soir que des Français avaient été tués, sans en préciser le nombre.

Par ailleurs, l’organisation humanitaire Acted a annoncé dans la soirée que des membres de son personnel font partie des victimes.


« Tous les moyens » seront mis en œuvre pour « élucider » les circonstances de cet « attentat »

Le chef de l’État Emmanuel Macron a quant à lui dénoncé dans un communiqué ce dimanche soir « l’attaque meurtrière qui a lâchement frappé un groupe de travailleurs humanitaires », ajoutant que « tous les moyens » seront mis en œuvre pour « élucider » les circonstances de cet « attentat ». « Je partage la douleur de leurs familles et de leurs proches. Certains étaient engagés pour la plus altruiste des missions : aider les populations », a tweeté le président de la République ce lundi matin.

Selon le gouverneur, l’attaque a eu lieu vers 11 heures, à 6 kilomètres de la localité de Kouré. La commune abrite un parc connu pour accueillir les dernières girafes d’Afrique de l’Ouest. Il est situé à moins de 70 kilomètres au sud-est de Niamey. Il s’agit d’une destination bien connue des voyageurs et des étrangers vivant dans la capitale.

La piste d’un attentat islamiste ne fait que peu de doute

Les victimes ont été tuées par balles selon une source citée par le quotidien. Une femme qui serait parvenue à s’enfuir a été rattrapée puis égorgée. Ce sont les passagers d’un bus qui ont alerté les autorités, en découvrant la scène lors de leur passage dans le secteur. Le véhicule des victimes, qui appartenait à l’ONG, a été retrouvé brûlé comme le montrent des images diffusées par des journalistes locaux. Les corps de plusieurs victimes se trouvaient à proximité.

Pour l’heure, on ne sait pas dans quelles circonstances les victimes ont été attaquées et combien il y avait d’assaillants, ni qui sont ces derniers. Ils seraient arrivés à moto à travers la brousse pour s’approcher de la nationale N1, l’une des principales routes du pays, avant de tendre une embuscade au véhicule où se trouvaient les Français et leur guide. Néamoins, la piste d’un attentat islamiste ne fait que peu de doute. Les djihadistes utilisent généralement des motos pour se déplacer alors qu’elles sont interdites dans la région depuis janvier.

Les organisations terroristes sont nombreuses dans la région du Sahel : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) y sont présents. Le GSIM a affirmé qu’il n’était pas impliqué dans cette attaque note RFI. A la frontière avec le Nigeria, les autorités de Niamey doivent aussi faire face aux djihadistes de Boko Haram qui se livrent à des incursions très régulières, mais jamais aussi loin dans le pays.


Le parc national du W se trouvent à une centaine de kilomètres de la réserve de girafes de Kouré. Le W était autrefois un lieu réputé pour ses safaris. Désormais déserté par les touristes, il sert maintenant de base arrière aux différentes organisations djihadistes venues du Mali.

En mai 2019, deux Français avaient été capturés dans le parc voisin du Pendjari, au Bénin. Ils avaient été libérés une semaine plus tard dans l’est du Burkina au cours d’une opération lancée par les forces spéciales françaises. Deux militaires avaient été tués.

Ils « ont voulu aller se promener en dehors de leur zone d’action »

La région de Kouré où les Français ont été tués ce dimanche, est classée orange par le ministère des affaires étrangères, il est déconseillé de s’y rendre « sauf raison impérative ». La grande majorité du Niger est quant à elle classée en rouge, une région qu’il faut éviter donc, quel que soit le motif.

« Les victimes n’étaient pas des touristes au sens où ‘je fais un safari et je me promène », a expliqué Jérôme Pellistrandi, directeur de la revue Défense nationale, à LCI. « Il s’agit d’humanitaires qui sont sur le terrain en permanence et qui ont voulu aller se promener en dehors de leur zone d’action mais ce sont des zones de toute façon dangereuses qu’elles soient rouges ou orange », a-t-il poursuivi.

Une opération menée peu après l’attaque

L’armée nigérienne et des militaires français de l’opération Barkhane ont mené une opération peu après cette attaque sanglante ce dimanche. Des journalistes locaux affirment que l’un des assaillants a été tué.