Militaires tués au Burkina : «Je n’arrive pas à croire que je ne le reverrai plus»


Alain Bertoncello et sa compagne Léa. (photo non datée / Facebook)

Léa, 26 ans, la compagne d’un des deux militaires tués lors de l’opération au Burkina Faso, s’est confiée à plusieurs médias ce lundi. Elle exprime sa douleur d’avoir perdu son compagnon, Alain Bertoncello.

L’émotion est toujours très forte après la mort de Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, les deux militaires français membres du commando Hubert, tués au Burkina Faso lors d’une opération pour libérer des otages.

Léa, la compagne d’Alain Bertoncello a d’abord lu un texte au journal Le Parisien. « Alain Bertoncello était mon compagnon. C’était un homme joyeux, souriant et drôle. Nous croquions la vie ensemble et nous étions très complémentaires dans une relation fusionnelle. Nous avions de nombreux projets. Alain était humble, actif sur tous les fronts. Serviable, attentif, perfectionniste. C’était un homme parfait et c’était mon soleil ».

« Il avait une conscience aiguë de la réalité »

« Ses qualités principales étaient la droiture et la rigueur. L’amour du travail bien fait, jusqu’au dernier détail. C’était un homme de conviction, un grand professionnel apprécié par ses collègues. Sa maturité était extrême. Il avait une conscience aiguë de la réalité », a-t-elle poursuivi.

« Le lendemain à mon travail, j’ai su que c’était fini. Je ne le reverrai plus. C’est mon héros. »

Léa explique ensuite qu’elle est aussi militaire mais que la disparition de son compagnon, « on ne s’y attend pas ». « La mort d’Alain, c’est un grand choc. On est préparé à l’absence. Je suis également militaire, je pars aussi en mission régulièrement, on connaît ce vide. Mais une mort aussi soudaine, on ne s’y attend pas. C’est juste impensable. Pourtant, on connaît les risques de son métier. Mais on n’y pense pas forcément. Je n’arrive pas à croire que je ne le reverrai plus. C’est trop brutal ».


La jeune femme confie avoir échangé au téléphone avec son compagnon peu avant le début de l’opération. « La veille au téléphone, il allait très bien. J’ai senti à sa voix qu’il allait partir sur le terrain. Bien sûr, il n’a rien dit sur sa mission. On s’est échangé des mots d’amour. Et voilà, le lendemain à mon travail, j’ai su que c’était fini. Je ne le reverrai plus. C’est mon héros. Comme l’a dit mon petit frère de 12 ans, c’est notre Avenger. »

« C’est sûr que j’ai la haine. Je leur en veux d’être partis dans ce pays alors qu’il ne fallait pas aller là-bas »

Elle affirme par ailleurs être touchée par la solidarité des Français : « Il a donné sa vie pour la France. Pour nous. Je suis bouleversée de voir que tous les Français sont touchés par sa disparition ». Léa explique ensuite avoir « la haine » contre les ex-otages qui ont choisi de se rendre en vacances au Bénin, avant de nuancer son propos : « C’est sûr que j’ai la haine. Je leur en veux d’être partis dans ce pays alors qu’il ne fallait pas aller là-bas ».

« Si on commence à penser comme ça, on ne s’en sort plus. Des gens qui vont en montagne peuvent aussi se mettre en danger. Il est du devoir des sauveteurs d’aller les sauver… De toute façon, il y a des erreurs partout. Et c’est la vie malheureusement ».

Une cérémonie d’hommage national aux deux militaires disparus se déroulera ce mardi matin aux Invalides, en présence du président de la République Emmanuel Macron.