Gilets jaunes à Montpellier : Durant le procès d’un casseur, ils scandent l’éloge du suicide d’une policière


Illustration. (Shutterstock)

Un homme âgé de 42 ans a été jugé par le tribunal correctionnel de Montpellier (Hérault) ce lundi, notamment pour de multiples dégradations durant des manifestations de Gilets jaunes. A l’extérieur de la juridiction, un groupe d’individus a scandé des chants faisant référence à la policière qui s’est donné la mort à Montpellier, le 18 avril dernier.

Le prévenu de 42 ans est arrivé récemment à Montpellier, il est sans domicile fixe depuis 10 ans et réside dans une association. L’homme qui a déjà été condamné à 11 reprises par la justice, n’a souhaité répondre à aucune question du tribunal.

Il était en effet jugé pour huit faits de dégradations durant six samedis de manifestations des Gilets jaunes, entre le 16 février et le 23 mars raconte Midi-Libre. Le prévenu était par ailleurs accusé de s’être rebellé lors d’une tentative d’interpellation le 16 mars. Un policier en civil avait tenté de l’arrêter mais plusieurs manifestants s’étaient opposés à son arrestation.

Des gants rouges et un petit marteau

Les enquêteurs ont repéré le mis en cause sur les images de vidéosurveillances puisque celui-ci portait à chaque fois des gants rouges ainsi qu’un gilet jaune floqué Telura. Il était également muni d’un petit marteau. L’homme est accusé d’avoir dégradé plusieurs banques, un restaurant Macdonald’s, mais aussi plusieurs vitrines d’autres enseignes ainsi que des abri-bus.

Le prévenu a finalement été interpellé le 23 mars dernier après avoir été repéré par des policiers. Il portait de nouveau des gants rouges et était muni là encore d’un marteau, ainsi que d’un masque à gaz.


L’homme au casier judiciaire déjà chargé, notamment pour des faits de dégradations et de vols aggravés, avait alors été placé en détention provisoire après avoir réclamé un délai pour préparer sa défense.

« Il s’est travesti en gilet jaune »

Lors de l’audience, l’avocat du prévenu a expliqué que les faits reprochés de dégradations « n’étaient pas assez documentés » pour pouvoir mettre en cause son client. Concernant la rébellion, le conseil a justifié la réaction du prévenu par le fait que le policier interpellateur ne portait pas de brassard « Police » : « Il n’a pas été identifié comme tel [policier], les gens ont cru à une agression ».

Visant le mis en cause, le procureur a évoqué « une volonté gratuite de détruire des biens notamment publics ». « Il n’est pas un gilet jaune, assène-t-il, il s’est travesti en gilet jaune. Déjà six fois condamné pour des faits similaires. Il avait un masque, des gants rouges toujours les mêmes, il est venu sur la manifestation pour casser. Peu importe pour lui si ça coûte de l’argent à la collectivité et il n’a pas le courage d’assumer ce qu’il a fait. Ça devient pathologique Monsieur », a déclaré le magistrat cité par le quotidien.

3 ans de prison avec mandat de dépôt

Le procureur a ensuite requis une peine de quatre ans de prison ferme avec mandat de dépôt. Relaxé pour les faits de rébellion ainsi que pour la dégradation de l’une des banques, le tribunal l’a condamné à trois ans de prison avec mandat de dépôt mais aussi à verser des dommages et intérêts à la TAM (Transports de Montpellier Méditerranée Métropole).

« Elle est où la capitaine, pan, pan, pan ! Un flic suicidé est un flic à moitié pardonné ! »

Un groupe d’une trentaine d’individus était présent devant le tribunal ce lundi alors que trois personnes interpellées durant des manifestations de Gilets jaunes étaient jugées.

Le groupe s’est livré à des chants et des slogans faisant l’éloge du suicide de cette officier de police qui s’est ôtée la vie le 18 avril dernier, dans son bureau de la sureté départementale.

« Elle est où la capitaine, pan, pan, pan ! Elle est où la capitaine, pan, pan, pan ! Un flic suicidé est un flic à moitié pardonné ! », a scandé le groupe. Des employés du tribunal de grande instance ont entendu les chants et ont avisé le vice-procureur de permanence, Antoine Wolff, qui est sorti sur le parvis, invitant les policiers présents à recueillir les témoignages des employés du TGI, afin de constituer le délit d’outrage en réunion explique le site actu.fr.

Enquête ouverte

Une enquête a été ouverte afin d’identifier les auteurs. Ce lundi au tribunal de Paris, un homme a été condamné à 8 mois de prison avec sursis pour avoir scandé « Suicidez-vous, suicidez-vous ! » aux forces de l’ordre, le 20 avril dernier lors de la manifestation parisienne des Gilets jaunes.