Slogans «Suicidez-vous» : Un homme condamné à 8 mois de prison avec sursis


Illustration. (Frederic Legrand - COMEO / Shutterstock)

Identifié par les enquêteurs comme étant parmi les individus qui ont hurlé «Suicidez-vous, suicidez-vous !» aux forces de l’ordre lors de l’acte 23 des Gilets jaunes à Paris le 20 avril dernier, un homme a écopé d’une peine de 8 mois de prison avec sursis ce mardi.

Le parquet de Paris avait décidé d’ouvrir une enquête dès le lendemain des faits. De nombreux individus s’étaient livrés à des appels aux suicides visant les forces de l’ordre sur la place de la République à Paris le 20 avril dernier.

Interpellé ce samedi, un homme de 49 ans, cuisinier au chômage, a été déféré au tribunal de Paris. Il a été jugé en comparution immédiate ce mardi.

Lors de l’audience, le prévenu qui s’est présenté comme un Gilet jaune ayant participé à tous les actes « sans jamais être interpellé pour violences » a affirmé ne pas être « un délinquant », ajoutant « avoir déjà aidé pendant des manifs des policiers à s’en aller car ils risquaient de se faire taper dessus ».

« C’était la folie du moment »

« Mes paroles sont parties plus vite que mes pensées. (…) C’était la folie du moment », s’est-il justifié. « Ça a commencé après qu’une femme enceinte a été bousculée par les forces de l’ordre », a-t-il par ailleurs expliqué à la barre, vêtu d’un t-shirt noir à l’effigie de Pablo Escobar.


Son avocate, Me Ingrid Theillaumas, l’a défendu en expliquant qu’il avait « perdu son sang-froid » : « Il n’avait pas conscience de la gravité des mots. Son « Suicidez-vous », c’était un ras-le-bol, de voir ses amis blessés, de la violence, de l’injustice. Il a perdu son sang-froid pendant quelques minutes ».

« Un effet dévastateur sur des policiers à bout »

« Cela a un effet dévastateur sur des policiers à bout depuis plusieurs mois », a rappelé l’avocate des policiers Me Oriane Camus.

De son côté, le procureur a rappelé qu’« il n’y aucun lien de cause à effet évident entre ce déferlement de propos haineux et une quelconque violence des policiers contre une jeune femme qui n’est pas du tout avérée ».

8 mois de sursis, 180 heures de TIG, et 500 euros à verser aux policiers

Le tribunal de Paris a condamné le prévenu à une peine de 8 mois de prison avec sursis.

L’homme de 49 ans devra également accomplir 180 heures de travail d’intérêt général, avec obligation de trouver un travail, mais également verser 500 euros à chacun des deux policiers qui ont porté plainte au titre du préjudice moral.