Gilets jaunes à Paris : 4 CRS mis en examen pour des violences illégitimes dans un Burger King


Plusieurs CRS étaient intervenus dans un restaurant Burger King situé sur l'avenue de Wagram à Paris, lors de l'Acte 3 des Gilets jaunes. (capture écran vidéo Stéphanie Roy)

Plusieurs personnes avaient été frappées et molestées dans un Burger King à Paris lors de la manifestation des Gilets jaunes, le 1er décembre 2018. Quatre CRS vont être présentés à un juge d’instruction ce mardi.

Mise à jour 17h40 : Les quatre policiers ont été mis en examen pour violences volontaires aggravées et placés sous contrôle judiciaire.

Les faits remontent à l’Acte 3 des Gilets jaunes, le 1er décembre 2018. La manifestation parisienne avait été le théâtre de nombreuses scènes de violences extrêmes, de pillages et de dégradations.

La situation avait largement dégénéré à plusieurs reprises et des manifestants s’étaient réfugiés dans un restaurant Burger King situé sur l’avenue Wagram dans le VIIe arrondissement de Paris, à proximité de l’Arc de Triomphe. Des policiers de la 43e compagnie républicaine de sécurité (CRS) de Chalon-sur-Saône avaient alors pénétré à leur tour dans le fast food, frappant et molestant plusieurs personnes.

Un homme avait reçu 27 coups de matraque notamment, portés par plusieurs policiers comme l’a montré l’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Une vidéo amateur montrant la scène, filmée par un journaliste indépendant avait été largement partagée sur les réseaux sociaux. L’enquête a déterminé qu’une quinzaine de CRS avaient pénétré dans le restaurant.


Quatre CRS ont été placés en garde à vue dans le cadre de cette affaire ce lundi 22 juin dans les locaux de l’IGPN rapporte LCI. Les fonctionnaires doivent être déférés ce mardi au parquet de Paris et présentés à un juge d’instruction. Ces derniers pourraient être mis en examen pour « violences volontaires » par personne dépositaire de l’autorité publique.

 

Une information judiciaire avait été ouverte en mai 2019 dans ce dossier. Plusieurs coups portés par les CRS avaient été jugés illégitimes et injustifiés par les enquêteurs de l’IGPN.

Au cours de leurs auditions, les mis en cause ont reconnu avoir fait usage d’une force disproportionnée, rappelant dans le même temps qu’ils avaient été confrontées, lors de cette journée, à une violence extrême et des scènes proches d’une guérilla urbaine, évoquant également une forte fatigue.

Violences et pillages

Des milliers de casseurs et d’émeutiers s’en étaient violemment pris aux forces de l’ordre au cours de cette manifestation qui avait totalement dégénéré. De nombreux magasins avaient également été pillés.

En outre, une voiture de police avait été attaquée dans la rue Saint-Honoré (Ier) et une autre incendiée à proximité d’un commissariat du VIIIe arrondissement. Des policiers de la Direction de l’ordre publique et de la circulation (DOPC) avaient eux aussi été attaqués et s’étaient fait dérober un fusil d’assaut HK G36.

La soixantaine de policiers de la CRS 43 avait fait usage de près de 1800 grenades lacrymogènes ou de désencerclement, et avait utilisé leurs lanceurs de balles de défense (LBD 40) à plus de 300 reprises. Une trentaine de fonctionnaires avaient été blessés au cours de ces violences.