Gilets jaunes à Paris : Un policier affirme avoir tiré au LBD au moment de la blessure de Jérôme Rodrigues.


Illustration. (Mademoiselle N / Shutterstock)

Un tir de LBD a bien eu lieu au moment de la blessure de Jérôme Rodrigues ce samedi après-midi, place de la Bastille, durant la manifestation des Gilets jaunes.


Un gardien de la paix a reconnu avoir fait usage de son Lanceur de balles de défense (LBD 40) au moment de la blessure de Jérôme Rodrigues, l’une des figures des Gilets jaunes, qui a été gravement blessé à un œil. Dans ce même laps de temps, une grenade de désencerclement a explosé, semble-t-il un très court instant avant le tir de LBD.

Pour l’heure, l’enquête menée par l’IGPN n’a pas encore déterminé si la blessure de M. Rodridgues était liée à cette grenade de désencerclement, ou à un tir de LBD, comme l’explique la victime et son avocat.

Deux nouveaux éléments ont permis au journal Le Parisien d’affirmer l’existence de ce tir de LBD, alors que Laurent Nunez avait expliqué ce dimanche soir exclure « totalement l’usage du tir de lanceur de balles de défense« , « à ce stade », à l’encontre de Jérôme Rodrigues.

Un horaire erroné de 30 minutes

Tout d’abord, le rapport d’un gardien de la paix affecté à la Compagnie d’intervention et de sécurisation des Hauts-de-Seine (CSI 92) transmis ce mardi soir. Le fonctionnaire avait bien signalé son tir de LBD comme la procédure l’exige le jour même, mais pas avec le bon horaire explique le journal francilien. Un décalage d’une demi-heure a en effet été constaté.

S’agit-il d’une volonté délibérée du policier de modifier l’heure exacte de son tir ? Le fonctionnaire a-t-il donné un horaire lui semblant juste le jour même, en étant dans l’impossibilité d’être plus précis ? L’enquête devra le déterminer. Le gardien de la paix sera entendu par l’IGPN, qui a réceptionné son rapport.

Une vidéo où l’on aperçoit le tir de LBD

Plusieurs vidéos permettent également d’affirmer qu’un tir de LBD a bien eu lieu. Dans une vidéo diffusée par l’émission Quotidien de TMC, il est possible d’entendre le bruit du tir, mais également de voir le policier réaliser son geste. Impossible d’affirmer par contre avec ces images, que le policier utilise son LBD en direction de Jérôme Rodrigues.

L’IGPN a en outre exploité les images de vidéosurveillance de la préfecture de police.

« Un tir latéral pour viser un groupe de casseurs, pas le manifestant »

« Les séquences montrent au contraire que le policier effectue un tir latéral pour viser un groupe de casseurs, pas le manifestant » affirme une source du ministère de l’Intérieur, citée par Le Parisien. Le policier auteur du tir de LBD affirme par ailleurs dans son rapport, avoir touché un homme au niveau du ventre, et pas Jérôme Rodrigues.

Comme le montrent les images de Quotidien, les policiers sont d’ailleurs visés juste avant cette action, par un projectile. D’autres vidéos tournées plus tôt dans l’après-midi montrent qu’il ne s’agissait pas du premier et que les forces de l’ordre avaient été visées par séquences, par d’autres projectiles, et notamment par un cocktail Molotov.

De son côté, le ministère de l’Intérieur affirme toujours que c’est bien la grenade de désencerclement qui a provoqué la blessure de la victime, à l’oeil droit. Cette dernière a quitté l’hôpital ce mercredi en fin de matinée.