Hommage national aux 2 militaires tués : «Une vie donnée n’est pas une vie perdue» a affirmé Emmanuel Macron


L'hommage national aux deux militaires tués s'est déroulé ce mardi matin aux Invalides. (capture écran vidéo Élysée)

Le président de la République Emmanuel Macron a rendu hommage dans un discours aux deux militaires tués au Burkina, Alain Bertoncello et Cédric de Pierrepont, lors d’une opération pour libérer des otages.

L’émotion fut très forte. La cérémonie d’hommage national aux deux militaires du commando Hubert s’est déroulée ce mardi matin aux Invalides. Emmanuel Macron était accompagné par son épouse, il a été accueilli par le Premier ministre Édouard Philippe, la ministre des Armées, Florence Parly, la secrétaire d’État Geneviève Darrieussecq, le chef d’État-major des Armées, le Général Lecointre, celui de la Marine, l’Amiral Prazuck, comme l’exige le protocole.

Les membres des familles des deux défunts étaient présents, certains d’entre eux avaient apporté le portrait de leur proche tué en mission. Parmi les personnes également présentes à cette cérémonie, les deux anciens chefs de l’État François Hollande et Nicolas Sarkozy, mais également François Bayrou, président du Modem, ou Jean-Luc Mélenchon, président de la France insoumise. Le procureur général près de la Cour de cassation François Molins ainsi que des responsables religieux étaient aussi présents.

Des centaines de personnes ont suivi la cérémonie à l’extérieur par l’intermédiaire d’écrans géants.

Les deux cercueils reliés par « la sangle de vie »

Les deux cercueils sont entrés dans la cour des Invalides, portés par des commandos de marine qui avaient le visage masqué afin de garantir leur anonymat. Installés au milieu de la cour, les deux cercueils étaient reliés par « la sangle de vie », il s’agit d’une fine corde noire utilisée par les nageurs de combat pour les plongées de nuit.

Emmanuel Macron a alors fait un long discours. « La France était encore endormie en cette nuit du 9 au 10 mai lorsqu’au nord du Burkina Fasso, nos forces spéciales s’engagèrent. La mission était périlleuse, les ravisseurs déterminés, la mission était difficile. Mais la mission était nécessaire ».

« Les otages furent extraits mais l’ennemi tira à bout portant »

« En tête de la colonne d’assaut, deux hommes, deux guerriers d’exception : le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello. (…) Dans la nuit, ces deux hommes (…) progressaient sans se faire repérer de la sentinelle qui veillait. Soudain, le silence du désert s’est interrompu (…) Les ravisseurs se tenaient là, prêts à en découdre. Alors dans l’obscurité d’un ciel sans étoile, la clarté de l’évidence », a expliqué le chef de l’État, qui a rappelé que les militaires ont été contraints de « mener l’assaut sans ouvrir le feu ».

Puis de poursuivre : Ils « pénétrèrent dans les tentes pour sauver les vies des nôtres et ne prendre aucun risque pour eux. Les otages furent extraits mais l’ennemi tira à bout portant. Le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello tombèrent. La mission fut un succès mais nos deux militaires ne furent plus. Ils étaient morts en héros, pour la France car pour eux rien n’est plus précieux que la vie des otages ».

« Une vie arrêtée en pleine jeunesse et en pleine conscience n’est pas une vie perdue »

Le président de la République a ensuite retracé le parcours des deux militaires avant de revenir sur le sacrifice des deux commandos. « Maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, la mort ne vous faisait pas peur car vous aviez ancré en vous la volonté de servir les autres, y compris au prix de vos propres vies (…) Une vie arrêtée n’est pas une vie perdue. Une vie arrêtée en pleine jeunesse et en pleine conscience n’est pas une vie perdue ».

« Une vie donnée n’est pas une vie perdue. Celui qui meurt au combat dans l’accomplissement de son devoir n’a pas fait qu’accomplir son devoir, il a rempli sa destinée. Ce n’est pas un sacrifice, c’est le sens même de l’engagement, la part tragique de la mission et vous le saviez, et avec vous, je le savais », a poursuivi le chef de l’État, avant de conclure son discours.

« Vos familles vous pleureront toujours avec la fierté triste qui accompagne celui qui a pour horizon le sacrifice suprême »

« De Valmy à Verdun, ceux qui ont fait don de leur jeunesse pour leur pays, pour la liberté, ceux dont on dit qu’ils sont tombés mais qui chaque fois ont élevé la France, c’est la cohorte de la grande histoire, celle de Français qui se sont battus pour la grandeur de la France, que vous rejoignez aujourd’hui, l’un et l’autre », a déclaré le président de la République.

« Vos familles vous pleureront toujours avec la fierté triste qui accompagne celui qui a pour horizon le sacrifice suprême. Vos frères d’armes n’oublieront jamais. Ils pleureront aussi en regardant droit devant pour vous rendre l’honneur qui vous est dû. La nation tout entière se souviendra. Vos deux noms seront gravés au monument aux morts de vos communes », a-t-il ajouté.

Chevaliers de la Légion d’honneur

Les deux militaires ont ensuite été décorés. « Pour les peuples libres, pour les grandes nations, les noms des héros ne s’effacent jamais. Maître Cédric de Pierrepont et maître Alain Bertoncello, au nom de la République française, je vous fais chevaliers de la Légion d’honneur. Maître Cédric de Pierrepont et maître Alain Bertoncello, je vous fais premiers maîtres dans le corps des officiers mariniers de maistrance. Vive la République et vive la France ! ».

Les deux cercueils ont ensuite quitté la cour des Invalides sous l’air de « Loin de chez nous », un chant militaire, suivis par les familles.