Incendie de l’usine Lubrizol : Des pompiers présentent des analyses biologiques anormales


L'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen a été éteint grâce à l'intervention de 200 pompiers. (photo SDIS 76)

Au moins une dizaine de sapeurs-pompiers qui sont intervenus lors de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime) présentent des bilans hépatiques perturbés.

Près de trois semaines après le terrible incendie de l’usine Lubrizol et les entrepôts de Normandie Logistique à Rouen, les premiers résultats des prises de sang des sapeurs-pompiers qui sont intervenus n’ont pas de quoi rassurer.

Certains soldats du feu viennent de recevoir les analyses biologiques réalisées après l’intervention. Des résultats qui ne sont pas bons.

Des niveaux de transaminases trois fois supérieurs à la normale

Au moins une dizaine de ces soldats du feu, dont la majorité font partie du service départemental d’incendie et de secours de Seine-Maritime (SDIS 76), ont reçu des bilans sanguins faisant apparaître des résultats anormaux pour le foie, « avec des niveaux de transaminases trois fois supérieurs à la normale ainsi que des perturbations au niveau de la fonction » rénale, révèle Le Monde.

De nouvelles analyses à venir

Toutefois, le commandant Chris Chislard, porte-parole du SDIS 76, indique au quotidien que les résultats de ces prises de sang, réalisées moins de 21 jours après l’incendie, ne sont pas considérés comme déterminants. « Il faudra attendre le deuxième prélèvement à J+31 », explique-t-il, ajoutant que c’est uniquement après ces seconds résultats qu’il sera possible de savoir s’ils sont liés à l’intervention de l’incendie de Rouen, dans la nuit du 25 au 26 septembre dernier.


Le commandant a également précisé qu’il n’était « pas du tout étrange » d’obtenir de tels résultats sur une population de 900 sapeurs-pompiers. De nouveaux examens seront réalisés dans un mois, puis dans trois mois après les premières prises de sang.

Les pompiers concernés par ces résultats anormaux doivent, quant à eux, désormais faire un bilan tous les quinze jours pendant six mois.

« Si les transaminases sont élevées, c’est que le foie a subi une agression »

Interrogé par Le Monde sur ces mauvais résultats sanguins, le toxicochimiste André Picot s’est montré inquiet. « Ces résultats ne sont pas bons, a-t-il commenté. Le foie, comme les reins, c’est notre centre antipoison. Si les transaminases sont élevées, c’est que le foie a subi une agression ».

Plusieurs des pompiers concernés ont l’intention de déposer plainte. Une démarche que plusieurs policiers ont déjà réalisée comme l’a annoncé l’un de leur syndicat la semaine dernière.