Guerre au Moyen-Orient : Emmanuel Macron convoque un troisième conseil de défense en trois jours

Au troisième jour de la guerre au Moyen-Orient, le chef de l’État réunit une nouvelle fois ministres et responsables de sécurité à l’Élysée. Il avait auparavant dévoilé depuis l'Ile Longue une refonte majeure de la doctrine nucléaire française.
Guerre au Moyen-Orient : Emmanuel Macron convoque un troisième conseil de défense en trois jours
Emmanuel Macron lors de l'hommage à Robert Badinter, place Vendôme à Paris, le 14 février 2024. (Antonin Albert / Shutterstock)
Par Actu17
Le lundi 2 mars 2026 à 19:05

Emmanuel Macron a convoqué lundi 2 mars un troisième conseil de défense et de sécurité nationale en trois jours, à 20h15, à l’Élysée. Les principaux ministres et responsables concernés par les questions de sécurité y sont convoqués, au troisième jour de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Plus tôt dans la journée, le président de la République a prononcé un discours majeur sur la dissuasion nucléaire depuis la base de l'Ile Longue, à Brest (Finistère), au cours duquel il a notamment annoncé l'augmentation du nombre de têtes nucléaires françaises et le lancement d'un nouveau concept de "dissuasion avancée" ouvert à huit partenaires européens.

Il s'agit de la troisième réunion de ce type depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, samedi 28 février. Un premier conseil de défense avait été tenu samedi à 18 heures, au cours duquel Emmanuel Macron avait déclaré que "la France n'a été ni prévenue, ni impliquée" dans les frappes et que "le travail diplomatique" devait "reprendre ses droits". Un deuxième conseil avait suivi dimanche à 19 heures, consacré notamment à la situation de la base navale française d'Abou Dhabi, visée par des drones iraniens. Le président de la République avait alors assuré que "les dégâts ne sont que matériels et limités" et qu'il n'y avait "aucun blessé".

Augmentation des têtes nucléaires et dissuasion avancée

Avant de regagner l’Élysée, le chef de l’État s'est exprimé pendant environ quarante minutes depuis la base de l'Ile Longue, où sont stationnés les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE). Évoquant un "embrasement possible à nos frontières" et une "période de rupture pleine de risques", Emmanuel Macron a annoncé avoir "ordonné d'augmenter le nombre de têtes nucléaires" de l'arsenal français, qualifiant ce "rehaussement" d'"indispensable". Il a également indiqué que la France ne communiquerait plus sur les chiffres de son arsenal, "contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé", afin de "couper court à toute spéculation". Jusqu'ici, l'arsenal français était estimé à un peu moins de 300 têtes nucléaires. Le président a par ailleurs annoncé que le futur SNLE se nommerait "L'Invincible" et serait opérationnel en 2036.

Le chef de l’État a également dévoilé le concept de "dissuasion avancée", présenté comme "une nouvelle étape de la dissuasion française". Huit pays européens ont accepté d'y participer : le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. Concrètement, cette démarche "offre la possibilité pour les partenaires de participer aux exercices de la dissuasion" et "pourra prévoir le déploiement de circonstances, d'éléments de force stratégique chez nos alliés". Emmanuel Macron a révélé que "dès cet hiver, de hauts responsables britanniques ont assisté, pour la première fois depuis l'existence de notre dissuasion, à l'un des exercices de nos forces aériennes stratégiques". Le président a toutefois rappelé que "la décision ultime" d'activer la dissuasion nucléaire "revient au seul président de la République" et qu'il n'y aurait "pas non plus de partage de la définition des intérêts vitaux".

L'escalade se poursuit au Moyen-Orient

Ce troisième conseil de défense intervient alors que la situation au Moyen-Orient continue de s'aggraver. L'Iran poursuit ses frappes de représailles contre des pays du Golfe abritant des bases américaines. Le Qatar a annoncé que son armée de l'air avait abattu deux avions iraniens. Deux drones iraniens ont visé une centrale électrique et une installation énergétique au Qatar. Un navire a été touché dans un port de Bahreïn. Le détroit d'Ormuz, corridor stratégique pour le commerce mondial de pétrole, a été fermé par les Gardiens de la révolution. En Israël, la fermeture des écoles et des lieux de travail ainsi que l'interdiction des rassemblements ont été prolongées jusqu'au 7 mars.

Sur le plan diplomatique, la France plaide pour une désescalade et a demandé la réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Emmanuel Macron a estimé, dès samedi, que "nul ne peut penser que la question du nucléaire iranien, de l'activité balistique, des déstabilisations régionales se réglera simplement par les frappes". Le ministre de l'Intérieur a de son côté annoncé un renforcement de la vigilance des forces de l'ordre sur l'ensemble du territoire national.