Guerre au Moyen-Orient : la France et cinq autres pays «prêts à contribuer» à sécuriser le détroit d'Ormuz

Six pays, dont la France et le Royaume-Uni, ont appelé jeudi à un "moratoire immédiat" sur les attaques contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient et se sont dits prêts à contribuer à la sécurisation du détroit d'Ormuz, alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran entre dans sa troisième semaine sans perspective de cessez-le-feu.
Guerre au Moyen-Orient : la France et cinq autres pays «prêts à contribuer» à sécuriser le détroit d'Ormuz
Emmanuel Macron à Berlin, le 18 mars 2025. (Juergen Nowak / Shutterstock)
Par La Rédaction
Le jeudi 19 mars 2026 à 15:30 - MAJ jeudi 19 mars 2026 à 15:41

La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon ont condamné jeudi, dans un communiqué conjoint, les attaques iraniennes contre les infrastructures civiles énergétiques dans le Golfe et se sont déclarés "prêts à contribuer" à sécuriser le détroit d'Ormuz. Cette annonce intervient au 20e jour de la guerre au Moyen-Orient, alors que les frappes contre les installations pétrolières et gazières s'intensifient dans toute la région et que le conflit ne montre aucun signe d'accalmie.

"Nous condamnons dans les termes les plus fermes les récentes attaques menées par l'Iran contre des navires commerciaux non armés dans le Golfe, les attaques contre les infrastructures civiles, notamment les installations pétrolières et gazières, et la fermeture de facto du détroit d'Ormuz par les forces iraniennes", ont écrit les six pays dans leur communiqué, relayé par l'AFP. Ils demandent "un moratoire immédiat et général sur les attaques contre les infrastructures civiles, notamment les installations pétrolières et gazières" et se déclarent "prêts à contribuer aux efforts nécessaires pour garantir la sécurité du passage dans le détroit".

Les six pays promettent également de prendre "d'autres mesures pour stabiliser les marchés de l'énergie, notamment en collaborant avec certains pays producteurs afin d'accroître leur production", sans davantage de précisions. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a par ailleurs libéré 400 millions de barils de ses réserves stratégiques de brut afin d'apaiser les marchés et s'est dite prête à débloquer davantage de stocks.

La France exclut toute opération de sécurisation «dans le contexte actuel»

Ce communiqué intervient alors qu'Emmanuel Macron a martelé mardi qu'il était hors de question pour la France de s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel". Le président de la République a toutefois assuré qu'une fois la phase la plus intense des bombardements terminée, la France serait prête, avec d'autres nations, à mettre en place un système d'escorte de pétroliers et de porte-conteneurs. "Ce travail supposera des discussions avec l'Iran parce que, en aucun cas, ce ne peut être une opération de vive force", a-il insisté.

La ministre de la Défense, Catherine Vautrin, a été tout aussi ferme : "À ce stade, il n'est pas question d'envoyer des navires dans le détroit d'Ormuz."De son côté, le Royaume-Uni a annoncé travailler avec ses partenaires européens et les États-Unis sur un plan pour rétablir la circulation maritime. Jeudi, le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a admis que les États-Unis n'avaient "pas de calendrier défini" ni de "délai fixé" pour la fin des opérations militaires en Iran, commencées il y a bientôt trois semaines.

Point de situation au 20e jour de la guerre au Moyen-Orient

La guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran a franchi un nouveau cap cette semaine avec l'intensification des frappes sur les infrastructures énergétiques de la région. Israël a frappé mercredi la partie iranienne du champ gazier offshore de South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde.

Donald Trump a affirmé que les États-Unis n'avaient pas été informés à l'avance de cette frappe et a assuré qu'Israël ne frapperait plus ce site, à condition que l'Iran cesse ses attaques contre le Qatar. En représailles, l'Iran a lancé des missiles sur le complexe gazier qatari de Ras Laffan, le plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, provoquant des "dommages considérables" selon les autorités qataries. Jeudi, les frappes iraniennes se sont étendues : la raffinerie saoudienne de Samref, située dans la zone industrielle de Yanbu sur les rives de la mer Rouge, a été touchée par un drone, tandis que deux raffineries au Koweït, celles de Mina Abdullah et de Mina Al-Ahmadi, ont également été frappées, provoquant des incendies sur les deux sites. Le prix du baril de Brent a bondi de plus de 10% jeudi pour dépasser les 118 dollars, et le cours du gaz européen s'est envolé de 35%.

Un bilan humain qui s'alourdit

Le bilan humain du conflit continue de s'alourdir. Plus de 2000 personnes ont été tuées depuis le 28 février, essentiellement en Iran et au Liban, selon les autorités des différents pays impliqués. Au Liban, où Israël mène une vaste campagne de bombardements contre le Hezbollah pro-iranien depuis le 2 mars, les frappes ont tué 968 personnes, dont 116 enfants, et provoqué le déplacement de plus d'un million de personnes, d'après le ministère de la Santé libanais. L'Union européenne a condamné les frappes israéliennes, appelant Israël à cesser ses opérations face à une situation humanitaire jugée "catastrophique". Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, s'est rendu jeudi au Liban.

Les frappes israélo-américaines ont par ailleurs décimé les rangs du régime iranien ces derniers jours. L'Iran a confirmé mercredi la mort de son ministre du Renseignement, Esmaïl Khatib, tué dans une frappe revendiquée par Israël. La veille, le chef de la sécurité nationale, Ali Larijani, pilier du pouvoir iranien, avait été tué dans un bombardement, de même que le commandant des forces paramilitaires Bassidj, Gholamreza Soleimani. Leurs funérailles se sont tenues mercredi à Téhéran. Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, fils de l'ayatollah Ali Khamenei tué au premier jour de la guerre le 28 février, n'est toujours pas apparu en public. Selon des responsables américains et israéliens, il aurait été blessé lors de la frappe qui a coûté la vie à son père. Dans un message écrit relayé par l'agence Tasnim, il a juré que les "meurtriers" de ces responsables iraniens devront "en payer le prix".