Incendie à Crans-Montana : le bilan grimpe à neuf Français décédés, annonce le quai d'Orsay

Neuf Français font partie des victimes décédées dans l'incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana (Suisse), un sinistre qui a coûté la vie à quarante personnes au total et entraîné une vaste enquête pénale ainsi qu'une mobilisation médicale internationale.
Incendie à Crans-Montana : le bilan grimpe à neuf Français décédés, annonce le quai d'Orsay
L'incendie a été déclenché par l'utilisation de bougies incandescentes, a confirmé la police suisse ce dimanche. (image au départ de l'incendie / DR)
Par La Rédaction
Le dimanche 4 janvier 2026 à 20:32 - MAJ dimanche 4 janvier 2026 à 21:17

Un total de neuf ressortissants français ont trouvé la mort dans l'incendie du bar Le Constellation, à Crans-Montana, en Suisse. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a annoncé dimanche soir sur LCI que le Français dont la situation était encore incertaine est lui aussi décédé. "Toutes les personnes dont les familles étaient sans nouvelle ont été identifiées", a-t-il souligné. Ce drame, survenu dans la nuit de la Saint-Sylvestre, a fait quarante morts au total et cent dix-neuf blessés. Il a déclenché une vaste enquête pénale visant les gérants de l'établissement, ainsi qu'une mobilisation médicale internationale pour prendre en charge les nombreuses victimes, dont plusieurs grands brûlés.

Plus tôt dans la journée, Pascal Confavreux avait confirmé la présence de ressortissants français parmi les victimes. Il déclarait alors qu'"il reste un Français dont la situation n'est pas confirmée" et rappelait que "il y a tous les âges, y compris des jeunes". Le décès du neuvième Français a finalement été confirmé le soir même. Au total, vingt-trois ressortissants français ont été blessés. Dix-sept d'entre eux sont actuellement pris en charge dans des hôpitaux français, et le transfert d'un autre blessé vers la France est en cours. Selon la police cantonale du Valais, un Français âgé de 39 ans figure également parmi les victimes identifiées.

Au-delà des ressortissants français, l'incendie a entraîné la mort de quarante personnes, dont au moins onze mineurs. Cent dix-neuf autres victimes ont été blessées, parmi lesquelles de nombreux patients souffrant de brûlures graves. Face à un nombre de grands brûlés dépassant les capacités hospitalières suisses, les autorités sanitaires ont sollicité l'aide internationale par le biais du mécanisme européen UCPM, prévu pour faire face à de tels événements extraordinaires. Trente-cinq patients ont été transférés vers des cliniques spécialisées en Europe : sept en Belgique, sept en Allemagne, dix-sept en France et six en Italie. Trois autres transferts sont encore prévus, un vers la France et deux vers l'Italie. Des équipes médicales spécialisées venues de France et d'Italie ont également été déployées à Lausanne et en Valais pour renforcer les structures locales et coordonner les évacuations sanitaires.

Les bougies incandescentes sont à l'origine de l'incendie

Les premiers éléments recueillis par la police cantonale valaisanne confirment que le départ du feu dans le bar Le Constellation est "lié à l'usage de 'fontaines'", comme le laissaient suspecter les vidéos de la scène diffusées sur les réseaux sociaux. D'autres constatations issues de l'enquête indiquent que des bougies incandescentes fixées sur des bouteilles de champagne, placées trop près du plafond du sous-sol, auraient provoqué la combustion. Les enquêteurs rapportent que "les premiers témoignages recueillis font mention d'un feu qui s'est propagé rapidement, générant beaucoup de fumée et une grande vague de chaleur. Tout se serait déroulé très vite". Les forces de l'ordre suisses vérifient désormais le respect des normes de sécurité au sein de l'établissement : accès aux voies de secours, nature des travaux réalisés par les gérants et moyens d'extinction mis à disposition du personnel.

Les deux gérants restent libres

Une enquête pénale a été ouverte contre les deux gérants français du bar, Jacques Moretti et Jessica Moretti, un couple originaire de Corse. Ils sont prévenus d'homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence. La police cantonale du Valais a annoncé que les deux prévenus restent libres à ce stade de la procédure : "il n'a pas été ordonné de mesures de contrainte à l'encontre des prévenus étant donné que les critères requis pour une mise en détention provisoire ne sont, en l'état, pas remplis". Elle précise également : "Actuellement, il n'y a aucun soupçon que les prévenus veuillent se soustraire à la procédure pénale ou à la sanction prévisible en prenant la fuite".

À Crans-Montana, les hommages se multiplient. Une messe a été célébrée dimanche matin, suivie d'une marche silencieuse rassemblant plusieurs centaines de personnes jusqu'à la chapelle ardente installée à proximité du lieu du drame, où des milliers de fleurs et des centaines de bougies ont été déposées. L'église, située à environ 300 mètres du bar, était pleine bien avant le début de l'office, retransmis sur un écran géant à l'extérieur. Malgré des températures descendant jusqu'à -9 °C, des centaines de personnes sont restées dehors, certaines tenant des bouquets de fleurs, d'autres une simple rose rouge. Des secouristes en uniforme ont également marché ensemble vers l'église, leurs casques à la main.

Lors de la cérémonie religieuse, l'évêque de Sion, Mgr Jean-Marie Lovey, a pris la parole en rappelant l'ampleur de l'émotion suscitée par ce drame : "Les objectifs des médias du monde entier sont braqués sur notre station. Merci à eux de solliciter la compassion dont les familles des victimes blessées ou défuntes ont tellement besoin". Le pasteur Gilles Cavin, représentant l'Église réformée de Suisse, a insisté sur la jeunesse de nombreuses victimes : "Parmi les victimes, beaucoup étaient apprentis, collégiens, collégiennes, étudiants". Il a ajouté : "Nous sommes ici pour dire que, face à l'indicible, face à la brutalité de la mort et à la souffrance, nous ne voulons pas détourner le regard. Nous sommes ici pour dire notre compassion, notre proximité".

Journée de deuil national le 9 janvier

Depuis Rome, le pape Léon XIV a lui aussi adressé un message de soutien aux proches des victimes, déclarant sa "proximité avec toutes les personnes en deuil à la suite de la tragédie survenue à Crans-Montana" et affirmant : "Je vous assure de ma prière pour les défunts, les blessés et leurs proches". En Suisse, une journée de deuil national a été décrétée pour le 9 janvier. L'enquête se poursuit afin de déterminer précisément les responsabilités dans ce drame et de comprendre comment le feu a pu se propager avec une telle rapidité dans l'établissement.