Incendie de Crans-Montana : le président de la commune parmi les cinq nouveaux inculpés

Le Ministère public du canton du Valais a élargi l'instruction pénale à cinq responsables et anciens responsables de la commune de Crans-Montana, dont son président Nicolas Féraud. Neuf personnes sont désormais visées après l'incendie du bar Le Constellation qui a fait 41 morts et 115 blessés dans la nuit du Nouvel An.
Incendie de Crans-Montana : le président de la commune parmi les cinq nouveaux inculpés
Des sapeurs-pompiers parmi de nombreuses personnes rassemblées lors d'un hommage aux victimes à Crans-Montana, le 4 janvier 2026. (Jeewa A / Shutterstock)
Par Actu17
Le lundi 9 mars 2026 à 10:50

L'instruction pénale ouverte après l'incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, qui a fait 41 morts et 115 blessés dans la nuit du Nouvel An, a été élargie à cinq responsables et anciens responsables de la commune. Le président de Crans-Montana, Nicolas Féraud, figure parmi les personnes inculpées. Au total, neuf personnes sont désormais visées par l'enquête.

Le Ministère public du canton du Valais a annoncé ce lundi que l'instruction avait été étendue le 5 mars à cinq nouvelles personnes : Nicolas Féraud, l'ex-conseiller communal en charge de la Sécurité publique entre 2021 et 2024, l'ancien responsable de la sécurité en protection incendie et son adjoint, en poste entre 2020 et 2024, ainsi qu'un membre de l'équipe de sécurité publique actuelle. Tous doivent répondre d'homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence. Il s'agit des mêmes chefs d'accusation que ceux retenus contre les gérants de l'établissement, Jacques et Jessica Moretti, de nationalité française, et contre l'ancien et l'actuel chargé de sécurité de la commune, déjà mis en cause.

Des contrôles jamais réalisés depuis 2019

Une plainte pénale visait Nicolas Féraud depuis fin janvier. Elle avait été déposée par deux avocats valaisans représentant une victime grièvement brûlée et ses parents. Plus largement, plusieurs avocats de victimes réclamaient que toute la chaîne hiérarchique de la commune soit poursuivie.

La commune de Crans-Montana n'a effectué aucun contrôle incendie dans l'établissement depuis 2019, alors que ces vérifications doivent être réalisées chaque année. À plusieurs reprises, des alertes avaient été lancées concernant le manque de moyens pour mener ces contrôles, sans qu'aucune mesure ne soit prise. Lors d'une conférence de presse le 6 janvier, Nicolas Féraud avait reconnu cette défaillance : "Les contrôles périodiques n'ont pas été effectués de 2020 à 2025. Nous le regrettons amèrement."Il avait alors exclu de démissionner, affirmant : "Je ne quitterai pas le navire pendant la tempête."

De leur côté, Jacques et Jessica Moretti se sont défendus de tout manquement, rappelant que leur établissement avait été contrôlé à trois reprises, en 2016, 2018 et 2019, sans qu'aucun problème majeur ne soit relevé.

Des bougies «fontaine» à l'origine du drame

L'enquête a établi que l'incendie avait été provoqué par les étincelles de bougies "fontaine" qui ont enflammé une mousse insonorisante fixée au plafond du sous-sol du bar. Les victimes étaient principalement des adolescents et de jeunes adultes. Selon la RTS, douze blessés se trouvent toujours dans un hôpital en Suisse et vingt-six à l'étranger, dont neuf Suisses. Certains, gravement brûlés, sont encore dans le coma.

Par ailleurs, quatre personnes doivent être auditionnées cette semaine sur le sol français sous la direction du parquet de Paris : trois anciens employés du bar et un client, tous présents le soir du drame.