Le lundi 2 mars 2026 à 17:22
Le président américain Donald Trump a affirmé lundi 2 mars que l'opération militaire Epic Fury, lancée samedi contre l'Iran conjointement avec Israël, était "en avance sur le calendrier", tout en refusant d'exclure l'envoi de troupes terrestres américaines sur le sol iranien. Dans deux interviews accordées à CNN et au New York Post, le président américain a également prévenu que "la grande vague" de frappes n'avait pas encore eu lieu, et que 49 dirigeants iraniens avaient été tués dès le premier jour de l'offensive.
"Je n'ai pas la frousse quand il s'agit d'envoyer des troupes au sol — comme tous les présidents qui disent 'il n'y aura pas de troupes au sol'. Moi, je ne dis pas ça. Je dis 'on n'en a probablement pas besoin' ou 'si c'était nécessaire'", a déclaré Donald Trump au New York Post. Une position en rupture avec la rhétorique habituelle des présidents américains sur la question de l'engagement terrestre. Sur CNN, le président a tenu un discours offensif : "On leur met une raclée. Je pense que ça se passe très bien. C'est très puissant. Nous avons la plus grande armée du monde et nous l'utilisons."Il a surtout averti que l'offensive allait s'intensifier : "On n'a même pas encore commencé à les frapper fort. La grande vague n'a même pas encore eu lieu. La grande vague arrive bientôt."
«Ils pensaient qu'on ne pouvait pas les détecter»
Sur la durée du conflit, Donald Trump avait d'abord estimé dimanche, dans une interview au Daily Mail, que la guerre durerait "quatre semaines environ". Mais lundi, au New York Post, il a laissé entendre que ce délai pourrait être raccourci. "Ça va aller assez vite. On est dans les temps, en avance sur le calendrier en ce qui concerne les dirigeants — 49 tués — et ça devait prendre, on pensait, au moins quatre semaines, et on l'a fait en un jour", a-t-il assuré. Selon lui, les dirigeants iraniens ont commis l'erreur de se réunir au même endroit, se croyant indétectables. "Ils sont devenus un peu arrogants. Ils pensaient qu'on ne pouvait pas les détecter. On pouvait. On a été choqués nous-mêmes", a-t-il confié à CNN.
Le président américain a expliqué avoir pris la décision de frapper après l'échec des négociations de Genève, jeudi. Selon lui, les Iraniens revenaient systématiquement sur leurs engagements précédents à chaque nouveau round de discussions. "On a eu des négociations très sérieuses, ils étaient là, et puis ils ont reculé", a-t-il déclaré. Il a ajouté que les services de renseignement américains avaient découvert que l'Iran travaillait secrètement sur un nouveau site d'enrichissement nucléaire, différent de ceux détruits lors de l'opération Midnight Hammer en juin 2025. "Ils voulaient fabriquer une arme nucléaire, donc on les a complètement détruits, mais on a découvert qu'ils étaient sur un site totalement différent. Ils ont essayé d'utiliser les anciens, mais ils étaient totalement anéantis. Et là, on les a trouvés en train de travailler sur une zone totalement différente, pour fabriquer une arme nucléaire par enrichissement — donc c'était le moment. J'ai dit : 'On y va'."
Donald Trump a par ailleurs indiqué que la plus grande surprise, depuis le début des opérations, avait été la riposte iranienne contre les pays arabes de la région : le Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis. "On a été surpris. On leur avait dit 'on gère', et maintenant ils veulent se battre. Et ils se battent agressivement. Ils devaient être très peu impliqués et maintenant ils insistent pour être impliqués", a-t-il déclaré, avant d'ajouter au sujet des dirigeants arabes : "Je connais ces gens. Ils sont durs et intelligents."Selon lui, les frappes iraniennes sur des cibles civiles, notamment un hôtel et un immeuble d'habitation, ont provoqué la colère des pays du Golfe. "Ça les a juste mis en colère. Ils nous aiment, mais ils observaient. Il n'y avait aucune raison pour eux d'être impliqués."
«Je dois faire ce qui est juste, ça aurait dû être fait il y a longtemps»
Interrogé sur le chaos dans le leadership iranien après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei et de 48 autres responsables, Donald Trump a estimé que personne ne savait désormais qui dirigeait le pays. "Ils ne savent même pas qui les dirige maintenant. On en a descendu 49. C'étaient les dirigeants, et certains d'entre eux étaient pressentis", a-t-il déclaré, comparant la situation à "une file d'attente au bureau de chômage". Sur la succession, il a lancé : "On ne sait pas qui sera le leadership. On ne sait pas qui ils vont choisir. Peut-être qu'ils auront de la chance et qu'ils trouveront quelqu'un qui sait ce qu'il fait."
Malgré un sondage Reuters/Ipsos réalisé samedi et dimanche montrant que seulement 27% des Américains approuvaient les frappes, contre 43% qui les désapprouvaient, le président a balayé ces chiffres. "Je pense que les sondages sont très bons, mais je me fiche des sondages. Je dois faire ce qui est juste. Ça aurait dû être fait il y a longtemps", a-t-il affirmé. "On ne peut pas laisser l'Iran, un pays dirigé par des fous, avoir une arme nucléaire", a-t-il martelé, évoquant une "majorité silencieuse" favorable à l'opération.
Donald Trump a également confirmé que les États-Unis agissaient au-delà du volet strictement militaire pour aider le peuple iranien à reprendre le contrôle de son pays, tout en demandant à la population de rester chez elle. "Oui, tout à fait. Mais pour l'instant, on veut que tout le monde reste à l'intérieur. Ce n'est pas sûr dehors", a-t-il déclaré. Sur la menace de représailles terroristes iraniennes, le président a été lapidaire : "On s'en occupera. Quoi qu'il arrive. C'est comme tout le reste, on s'en occupera."
Le président américain a inscrit cette opération dans une continuité stratégique, rappelant l'élimination du général Qassem Soleimani en janvier 2020, puis l'opération Midnight Hammer contre les installations nucléaires iraniennes en juin 2025. "On a éliminé Soleimani la dernière fois. C'était un général d'une violence et d'une brutalité incroyables", a-t-il rappelé, estimant que sans cette frappe, "Israël n'existerait peut-être plus". À propos de Midnight Hammer, il a affirmé que l'Iran était alors "à un mois d'avoir l'arme nucléaire". Il a vivement critiqué l'accord nucléaire conclu sous Barack Obama : "Cet accord était tellement mauvais, c'était une autoroute vers la bombe."Sur l'opération en cours, il a conclu : "C'est la bonne méthode. On n'a pas besoin de s'inquiéter des accords."
Une riposte iranienne qui embrase la région
Ce lundi 2 mars, au troisième jour de l'opération Epic Fury, le bilan américain s'est alourdi avec la mort d'un quatrième militaire, qui a succombé à ses blessures, tandis que 18 soldats ont été grièvement blessés, selon le commandement central américain (CENTCOM). Au Liban, le Hezbollah est entré en guerre en lançant des frappes sur Israël, qui riposte massivement sur le territoire libanais. Ali Larijani, responsable de la sécurité nationale iranienne, a déclaré que Téhéran "ne négociera pas avec les États-Unis". Les frappes iraniennes continuent de toucher plusieurs pays du Golfe, avec des explosions rapportées à Dubaï, Abu Dhabi et Doha. En Iran, les frappes conjointes américano-israéliennes ont fait au moins 555 morts. Le trafic aérien mondial reste fortement perturbé, les marchés boursiers ont chuté à l'ouverture à Wall Street, et les prix du pétrole continuent de flamber.
En France, Emmanuel Macron a prononcé ce lundi un discours sur la dissuasion nucléaire française depuis la base de l'Île-Longue, près de Brest (Finistère). Le chef de l'État a ordonné l'augmentation des têtes nucléaire et a lancé le concept d'une "dissuasion avancée" à destination de huit partenaires européens.