Le mardi 3 février 2026 à 08:45
Tom Félix, un Français de 34 ans qui risquait la peine de mort en Malaisie pour détention et trafic de stupéfiants, a été acquitté mardi 3 février par la Haute cour criminelle de Alor Setar. "Dans cette affaire, le tribunal n'a pas réussi à établir la preuve de la culpabilité… l'accusé est donc acquitté et libéré", a déclaré la juge Evawani Farisyta Mohamma. Le trentenaire, qui a toujours clamé son innocence, va pouvoir retrouver la liberté après plus de vingt et un mois de détention.
Les faits remontent au 9 août 2023. Ce jour-là, la police fait irruption dans une maison de Langkawi, une île touristique située au nord-ouest de la Malaisie. Tom Félix y est hébergé par son associé malaisien, avec lequel il s'apprête à ouvrir un restaurant. Plusieurs centaines de grammes de cannabis sont découverts dans les parties communes du domicile. Tom Félix, son associé et l'ex-épouse de ce dernier sont interpellés.
Originaire de Saône-et-Loire, Tom Félix est un ancien étudiant de La Rochelle, diplômé en aquaculture et biologie marine. Ancien cadre chez Veolia, il s'était passionné pour l'île de Langkawi et y avait investi 40 000 euros dans un projet de restaurant.
Plusieurs éléments plaidaient en faveur de son innocence. Les analyses ADN réalisées n'ont jamais incriminé le Français. En outre, son associé avait reconnu avoir reçu les colis contenant la drogue et l'avait disculpé au cours de l'enquête.
Durant sa détention dans la prison de Perlis, dans le nord-ouest du pays, Tom Félix a connu des conditions particulièrement difficiles. En mai 2025, sa mère Sylvie Félix témoignait : "Tom partage sa cellule avec 37 autres détenus. Ils dorment à même le ciment, sur des tapis de yoga, sans ventilateur. Les toilettes sont un trou dans la cellule, la douche un tuyau. Ils n'ont droit à aucune promenade, aucune sortie."
Depuis 2024, un comité de soutien baptisé "Free Tom Félix" s'efforçait de médiatiser son cas en France. Ses parents, Sylvie et Jean-Luc Félix, tous deux enseignants au Lycée français de Singapour, ont multiplié les démarches. Ils ont été reçus par le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot en mars 2025, puis par l'ambassadeur de France en Malaisie, Axel Cruau, le 8 mai à Kuala Lumpur. Le 30 mai 2025, ils ont également été reçus par Emmanuel Macron lors de sa visite officielle à Singapour. Le président français avait par ailleurs évoqué le dossier avec le premier ministre malaisien Anwar Ibrahim lors du G20 à Rio, en novembre 2024.
«Immense soulagement»
Mardi, Jean-Noël Barrot a fait part de son "immense soulagement" après l'annonce de l'acquittement. En Malaisie, la possession et le trafic de drogue sont passibles de la peine de mort lorsque les quantités dépassent un certain seuil. Les condamnations à mort ne sont toutefois plus obligatoires et aucune exécution n'a eu lieu dans le pays depuis 2018.