Agressions sexuelles dans le périscolaire à Paris : un animateur relaxé «au bénéfice du doute»

Poursuivi pour des agressions sexuelles sur neuf enfants d'une école maternelle parisienne, David G. a bénéficié du doute. Le tribunal a estimé que les déclarations des jeunes victimes avaient pu être orientées par les questions de leurs parents.
Agressions sexuelles dans le périscolaire à Paris : un animateur relaxé «au bénéfice du doute»
L'école maternelle Alphonse-Baudin dans le XIe arrondissement de Paris. (Google view)
Par Actu17
Le mercredi 8 juillet 2026 à 18:44

Un animateur périscolaire a été relaxé, ce mardi 7 juillet à Paris, pour les agressions sexuelles qui lui étaient reprochées sur neuf enfants d'une école maternelle du XIe arrondissement, au bénéfice du doute. Il écope en revanche de huit mois de prison avec sursis pour le harcèlement sexuel de deux collègues, et se voit inscrire au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV) — une inscription qui lui ferme désormais l'accès au métier d'animateur.

David G., 36 ans, comparaissait pour des agressions sexuelles qui auraient visé neuf enfants de 3 à 5 ans scolarisés à la maternelle Alphonse-Baudin, sur une période allant de septembre 2024 à avril 2025. Écarté de ses fonctions par la Ville de Paris après un signalement, cet homme sans passé judiciaire risquait jusqu'à dix ans de prison et 150 000 euros d'amende.

Le déclenchement de l'affaire

L'affaire a débuté le 9 avril 2025, lorsque le parquet a reçu des signalements de la cellule d'information et du directeur de l'école. Les parents de deux fillettes s'alarmaient alors du comportement de leurs enfants, devenues renfermées, sujettes à des irritations intimes et rétives à la douche. Selon eux, les fillettes ont fait état d'attouchements et de pénétrations à l'aide d'une cuillère. L'enquête a été confiée à la Brigade de protection des mineurs (BPM).

Le tribunal a relaxé le prévenu "faute d'éléments matériels suffisamment constitués", "au bénéfice d'un doute très sérieux". Dans un communiqué, le tribunal a dit avoir "constaté des variations dans les déclarations des enfants entre les éléments rapportés par les parents et les auditions faites par les enquêteurs". Il a ajouté que "l'examen psychologique des enfants indiquait que les déclarations initiales avaient pu être orientées par les questions de leurs parents".

À la barre, David G. avait démenti tout geste à caractère sexuel, ne concédant que d'éventuelles "maladresses" par "manque de formation". "Oui, je jouais beaucoup avec les enfants. Je les portais. Je ne suis pas resté dans mon cadre par manque de formation. J'aime me fixer mes propres limites, mais rien de sexuel", avait-il assuré.

En mai, le parquet avait requis trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique avec exécution provisoire, ainsi que l'interdiction définitive d'exercer un métier en contact avec des mineurs.

La colère des parties civiles

Le président du tribunal a longuement explicité le jugement, suscitant des cris de colère des parties civiles. "J'ai eu l'impression d'être à mon procès à moi, en tant que maman, parce que ma fille m'a parlé d'avoir été agressée sexuellement et je me suis sentie presque coupable d'avoir porté plainte", a réagi la mère d'une enfant prénommée Emma, auprès du Monde. Avocate de six familles, Rébecca Royer a évoqué un "immense sentiment d'injustice" : "Neuf enfants ont dénoncé des agressions sexuelles et tous présentaient des stigmates psychotraumatiques majeurs. Pourtant, leur parole a été écartée au motif qu'ils auraient été influencés par leurs parents. Cette décision envoie un signal profondément inquiétant à la société : les enfants ne sont ni crus ni protégés."

Cette affaire a donné lieu au premier procès public depuis l'éclatement du scandale du périscolaire parisien. C'est le deuxième dossier de ce type à s'achever sur une relaxe : mi-juin, un autre animateur avait lui aussi été mis hors de cause, une décision dont le parquet a fait appel.