Bayonne : Faute d'escorte, une détenue libérée sans procès pour la deuxième fois

Le tribunal judiciaire de Bayonne a dû constater l'absence de la prévenue, qu'aucune escorte ne pouvait extraire de la prison de Pau. Faute de moyens, la justice a relâché cette femme de 39 ans pour la deuxième fois en quelques semaines.
Bayonne : Faute d'escorte, une détenue libérée sans procès pour la deuxième fois
Des agents pénitentiaires à Aix-en-Provence, le 14 mars 2022. (Illustration / Obatala-photography / Shutterstock)
Par Actu17
Le mercredi 24 juin 2026 à 01:23

Une femme de 39 ans a été remise en liberté ce lundi 22 juin par le tribunal judiciaire de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), faute d'escorte pour l'extraire de la prison de Pau et la conduire jusqu'au palais de justice où elle devait être jugée. Une situation d'autant plus singulière qu'il s'agit de la deuxième fois en quelques semaines que la même prévenue échappe à sa comparution, pour des raisons identiques de manque de moyens.

Ce lundi, le tribunal a dû constater l'absence de l'intéressée, qui devait répondre en comparution immédiate de faits de vol et de violences. Ni l'administration pénitentiaire, ni la police, ni la gendarmerie n'ont pu fournir d'escorte pour la conduire de la prison des femmes de Pau jusqu'au tribunal, selon Ici Pays Basque. Comme la loi le permet, elle a refusé une comparution par visioconférence. Privé de toute solution pour la faire venir, le tribunal a dû la libérer. "Un triste constat", a déploré Fanny Fournier, la procureure de la République.

Un vol et des violences à Anglet

La trentenaire, qui réside à Biarritz et est bien connue du commissariat de la ville, avait été interpellée le 18 juin. Selon nos confrères, les faits se sont produits dans un commerce du centre commercial BAB2 d'Anglet. Elle aurait dérobé pour 800 euros de marchandise avant de griffer un agent de sécurité qui l'avait surprise, précise Sud Ouest. Elle avait ensuite été placée en détention provisoire à Pau.

Un précédent dans une affaire de stupéfiants

Ce scénario s'était déjà produit quelques jours plus tôt. Placée en détention provisoire le 4 juin pour un trafic de cocaïne, elle devait comparaître le 8 juin devant le même tribunal, indique Sud Ouest. Là encore, aucune escorte n'avait pu l'extraire de la prison de Pau, et son refus de la visioconférence avait abouti à sa remise en liberté. Dans ce dossier, elle est soupçonnée d'avoir contacté ses clients via l'application Snapchat et de cacher sa marchandise dans une boîte enfouie sous une pierre tombale, au sein d'un cimetière de Biarritz, selon Ici Pays Basque. Ce jour-là, les militaires avaient refusé d'intervenir "faute de danger imminent", tout en rappelant les "45 extractions" déjà menées depuis le début de l'année. Une justification qui avait suscité l'agacement du parquet de Bayonne.

Les deux affaires seront finalement examinées lors d'une même audience, fixée au 9 juillet. La prévenue y comparaîtra libre.