Deux policiers de l'OFAST de Marseille mis en examen pour trafic de drogue et blanchiment

Deux policiers de l’antenne marseillaise de l’Office antistupéfiants (OFAST) ont été mis en examen à Paris pour trafic de stupéfiants, blanchiment et corruption, dans le cadre d’une enquête sur une livraison de cocaïne en provenance de Colombie. Le parquet a requis leur placement en détention provisoire.
Deux policiers de l'OFAST de Marseille mis en examen pour trafic de drogue et blanchiment
Illustration. (Sergey Novikov / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 4 avril 2025 à 20:49

Deux policiers de l’antenne marseillaise de l’Office antistupéfiants (OFAST) ont été mis en examen ce vendredi 4 avril à Paris, pour "importation et trafic de stupéfiants en bande organisée", "blanchiment", "association de malfaiteurs", "faux en écriture publique et atteinte à l’intimité de la vie privée". Ils avaient été placés en garde à vue le 31 mars dans le cadre d’une information judiciaire conduite par des juges d’instruction de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (JUNALCO).

Le placement en détention provisoire des deux fonctionnaires a été requis "notamment sur le critère de la non-concertation", indique le parquet, ce qui justifie qu’aucun élément supplémentaire à ceux officiellement confirmés ne soit rendu public à ce stade.

L’affaire trouve son origine dans un renseignement anonyme reçu en février 2023, signalant l’arrivée imminente au port de Marseille (Bouches-du-Rhône) d’une cargaison de cocaïne expédiée par container depuis la Colombie, et supposée être destinée à la région parisienne. Les investigations avaient été confiées par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille à l’OFAST.

«Cette livraison a permis l’entrée sur le territoire de près de 400 kg de cocaïne»

"Dans le cadre de cette enquête, il avait été convenu de surveiller l’arrivée d’une cargaison de 180 à 200 kg de cocaïne ; or il s’est avéré que cette livraison a permis l’entrée sur le territoire de près de 400 kg de cocaïne", précise le parquet. Face à cette importante divergence entre les prévisions et la réalité, l’antenne de l’OFAST à Nanterre s’était retirée du dispositif.

Plusieurs membres du dispositif opérationnel s’étaient ensuite interrogés sur les conditions de circulation de la drogue à Marseille, évoquant des difficultés inhabituelles à écouler les stupéfiants, "laissant entendre que la surveillance policière était éventée". L’enquête initiale, qui n’avait donné lieu à aucune interpellation, a été clôturée en janvier 2024.

«Des échanges entre des policiers et d’autres personnes, portant sur la cession d’au moins 360 kg de cocaïne»

Au même moment, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie en interne, en raison de soupçons liés aux conditions de l’importation de la drogue. En avril 2024, des perquisitions ont été menées dans les locaux de l’antenne de l’OFAST à Marseille. Les investigations techniques ont mis en évidence "des échanges entre des policiers et d’autres personnes, portant sur la cession d’au moins 360 kg de cocaïne, en dehors de tout contrôle hiérarchique, et sur la dissimulation des quantités réelles arrivées sur le territoire". Ce sont ces éléments qui ont conduit la JUNALCO à reprendre la procédure, après dessaisissement du parquet de Marseille en septembre 2024.

Une information judiciaire a été ouverte le 27 novembre 2024 pour des qualifications particulièrement lourdes : importation de stupéfiants en bande organisée – un crime passible de 30 ans de réclusion criminelle et de 7,5 millions d’euros d’amende – blanchiment, corruption, révélation d’informations sur une enquête pour crime ou délit puni de 10 ans d’emprisonnement, recel commis en bande organisée de violation du secret de l’enquête, et participation à une association de malfaiteurs.

Dans ce même dossier, deux autres personnes avaient déjà été mises en examen le 13 février 2025 pour importation et trafic de stupéfiants. Elles avaient été placées en détention provisoire.