Marseille : Prison ferme requis contre deux policiers pour avoir frappé une serveuse et des clients

Deux fonctionnaires de la brigade de nuit de Police Secours sont poursuivis pour des violences commises alors qu'ils étaient hors service, dans un snack de Marseille, où une serveuse et plusieurs clients affirment avoir été frappés.
Marseille : Prison ferme requis contre deux policiers pour avoir frappé une serveuse et des clients
Le palais de justice de Marseille. (Illustration / Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 8 janvier 2026 à 11:20

Deux policiers marseillais ont été jugés pour avoir commis des violences sur une serveuse et trois clients d'un snack, alors qu'ils n'étaient pas en service dans la nuit du 4 au 5 juillet dernier. Le parquet a requis contre eux 23 et 24 mois de prison ferme, estimant qu'ils s'étaient comportés "comme des miliciens privés".

Les faits se sont produits vers trois heures du matin, lorsque Anthony H., 31 ans, a quitté une pendaison de crémaillère pour se rendre dans un snack marseillais. La serveuse venait de gérer calmement un différend entre des clients, mais le policier s'est montré insistant pour obtenir les images de vidéosurveillance, appelant ses collègues à le rejoindre. Mehdi B., 37 ans, est arrivé à son tour, en état d'ébriété avancée. À la barre, il reconnaît que "c'est vrai, j'ai eu un différend verbal assez fort avec la serveuse".

Des «véritables cow-boys»

La situation s'est rapidement dégradée. La serveuse a été projetée contre la vitrine du restaurant et violemment frappée, écopant de cinq jours d'interruption totale de travail. Trois clients qui tentaient de la protéger ont été roués de coups. L'un d'eux, cité par l'AFP, a tenté d'apaiser les fonctionnaires en lançant : "Tonton, calme-toi s'il te plaît". Anthony H. est allé chercher une matraque télescopique dans son véhicule avant d'en faire usage, notamment en frappant à la tête un apprenti comptable venu dîner avec des amis. Les enregistrements vidéo montrent des fonctionnaires agissant, selon l’avocat de la serveuse, comme des "véritables cow-boys". Sur l'une des images sonores, on entend : "C'est moi la police, c'est moi qui commande".

Le profil des deux policiers a été largement évoqué à l’audience. Anthony H., ancien militaire passé par les troupes aéroportées et de montagne, a reconnu "un problème avec l'alcool". Il a déjà été condamné à cinq reprises pour des faits de violences, certaines condamnations n'ayant pas été portées à son casier judiciaire. Mehdi B., de son côté, fait l'objet d’une procédure pour récidive en raison d’une condamnation prononcée en 2021 pour des violences sur le compagnon de son ex-épouse.

«On a des policiers qui font leur propre police parallèle»

Face à ces éléments, la procureure Marie-Aude Fichet a dénoncé leur comportement. "Comme si Marseille n'avait pas assez de problèmes, on a des policiers qui font leur propre police parallèle", a-t-elle déclaré en réclamant à leur encontre une interdiction de la fonction publique durant trois ans ainsi qu'une interdiction de porter une arme pour la même durée. Concernant un client poursuivi pour des violences sur l'un des policiers, elle a estimé que "c'est une victime. S'il y en avait bien un en état de légitime défense, c'est lui".

Le tribunal correctionnel de Marseille rendra son jugement le 11 février.