Noisiel : Trois policiers renvoyés devant le tribunal pour avoir frappé un homme au sol lors d'une intervention

Placés sous contrôle judiciaire, les trois fonctionnaires de la BAC de Noisiel seront jugés en septembre pour avoir violemment interpellé un homme de 35 ans le 16 mars dernier. Une vidéo amateur avait révélé la brutalité de la scène.
Noisiel : Trois policiers renvoyés devant le tribunal pour avoir frappé un homme au sol lors d'une intervention
Les policiers ont été filmés durant leur intervention à Noisiel, le 16 mars 2026. (capture écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le mardi 7 avril 2026 à 23:28

Trois policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de Noisiel (Seine-et-Marne) seront jugés le 7 septembre prochain devant le tribunal correctionnel de Meaux pour des violences volontaires commises lors d'une intervention dans la soirée du 16 mars dernier. La victime, Flavel, un père de famille âgé de 35 ans, a été frappée au sol avant qu'une grenade lacrymogène ne soit déclenchée à quelques centimètres de son visage. La scène, filmée depuis un immeuble voisin, a été largement diffusée sur les réseaux sociaux, provoquant de très nombreuses réactions. L'un des trois agents est également poursuivi pour faux en écriture.

Ce soir-là, vers 21h20, trois hommes âgés de 18 à 23 ans ont d'abord été interpellés à Noisiel, dont deux se trouvaient sous le coup d'une interdiction administrative de paraître. Une troisième personne, qui a tenté de s'interposer, a également été appréhendée. Plus tard dans la soirée, vers 23h10, une trentaine de personnes se sont regroupées devant les locaux de la police municipale. Selon le parquet de Meaux, "plusieurs personnes tentaient en vain de pénétrer violemment dans les locaux de la police municipale après en avoir dégradé le portail" à l'aide de mortiers d'artifice.

Quatre personnes ont alors été interpellées pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique et dégradation de biens publics, parmi lesquelles "trois mineurs âgés de 15 ans et un majeur âgé de 35 ans", avait précisé le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier.

«J'ai vu ma vie défiler»

C'est dans ce contexte tendu que les agents de la BAC sont intervenus en renfort. Sur les images captées par un riverain, on voit les fonctionnaires avancer dans la rue munis de lanceur de balle de défense (LBD), de matraques et de grenades lacrymogènes. "Vous voulez jouer ? On va vous enculer ! Vous êtes tous liés", lance l'un des policiers aux personnes présentes dans la rue. Flavel, qui s'apprêtait à retourner dans le restaurant où il avait dîné, accompagné du cuisinier et du serveur, a alors été pris à partie.

Un policier lui a lancé "Cours !" avant de lui asséner un coup. Le trentenaire a tenté de s'éloigner mais, frappé à nouveau, il a chuté au sol. Les bras plaqués dans le dos, il a reçu des coups de pied avant qu'une grenade lacrymogène n'explose à quelques centimètres de son visage. "J'ai vu les étincelles, je ne pouvais plus respirer", a-t-il confié à l'AFP. "J'ai vu ma vie défiler (...) S'il n'y avait pas eu de caméras, je me demande comment ça se serait passé", a-t-il ajouté.

«Il n'y avait aucune mauvaise intention de ma part lorsque j'ai rédigé le PV»

Blessé et transporté à l'hôpital, Flavel a déposé plainte. Le procureur de la République a ouvert une enquête pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) au vu "des conditions de nature à interroger sur sa légitimité, dans son principe, comme dans ses modalités". Au terme des investigations, les trois fonctionnaires sont poursuivis pour violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de 10 jours, avec pour circonstances aggravantes que les faits ont été commis par des personnes dépositaires de l'ordre public et en réunion. L'un des agents est en outre poursuivi pour faux en écriture, soupçonné d'avoir rédigé un procès-verbal mensonger. "Il n'y avait aucune mauvaise intention de ma part lorsque j'ai rédigé le PV", a-t-il déclaré lors de l'instruction, évoquant des "conditions apocalyptiques", précise l'AFP.

Les trois policiers ont été placés sous contrôle judiciaire dans l'attente de leur procès, fixé au 7 septembre. Il leur est interdit de détenir une arme et le plus jeune d'entre eux a également l'interdiction d'exercer sa fonction sur la voie publique.