Le mercredi 26 août 2026 à 12:16
Un homme de 27 ans, poursuivi pour agression sexuelle en récidive sur une Parisienne de 83 ans, est ressorti libre du tribunal correctionnel de Paris ce lundi. Le tribunal s'est déclaré "pas valablement saisi" en raison d'un vice de procédure au moment de son interpellation, alors que la procureure réclamait six ans de prison à son encontre devant la chambre des comparutions immédiates.
La retraitée se rendait chez son coiffeur, dans le Ve arrondissement de Paris, lorsqu'un homme l'aurait abordée par la droite au matin du mardi 18 août, raconte Le Parisien, qui a assisté à l'audience. Il lui aurait touché la poitrine, puis l'ensemble du corps. Elle aurait crié, il l'aurait tirée et elle serait tombée au sol. L'homme aurait poursuivi ses gestes jusqu'à l'arrivée d'une passante, avant de relever la victime et de repartir. Les ecchymoses de l'octogénaire lui ont valu cinq jours d'incapacité totale de travail (ITT).
Un suspect désigné à deux reprises par la victime
C'est à son podologue, en fin de journée, que la victime s'est confiée. Ce dernier a prévenu la police. Elle a ensuite désigné le mis en cause à deux reprises, sur une photographie présentée par les enquêteurs, puis derrière une glace sans tain, a rappelé son avocate, Me Lola Borreil, à nos confrères.
Les policiers du commissariat des Ve et VIe arrondissements ont retrouvé le suspect aux abords d'un restaurant social qu'il a l'habitude de fréquenter, après avoir exploité les caméras de vidéoprotection de la rue. Ils l'ont abordé en prétextant un contrôle d'identité, avant de le placer en garde à vue. L'agression elle-même n'avait pas été filmée : un véhicule s'était immobilisé devant l'objectif au moment des faits, masquant la scène. Son conducteur n'a rien vu ni entendu.
Lors de l'audience, l'homme a contesté les faits par l'intermédiaire de son interprète. Né au Soudan, il n'a pas de domicile et ne travaille plus depuis qu'il a chuté sur un chantier. Il a déjà été condamné en août 2023 à 40 mois de prison pour une agression sexuelle sur personne vulnérable, et il est visé par une interdiction définitive du territoire français, prononcée en février 2025 par le tribunal de Pontoise (Val-d'Oise), souligne Le Parisien. Sorti de détention en janvier 2026, il est passé par un centre de rétention administrative (CRA) avant de se retrouver à la rue.
"C'est un profil inquiétant d'agresseur sexuel récidiviste, qui n'a pas le droit de rester en France, et qui s'en prend à des vieilles dames", a tonné la procureure, qui a requis six ans d'emprisonnement, une interdiction du territoire et une inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles. La magistrate a toutefois relevé que "le service d'enquête n'a pas diligenté une enquête à la hauteur des enjeux".
Ni procès-verbal d'interpellation, ni procès-verbal de garde à vue
De fait, plusieurs actes manquent au dossier. Aucune expertise toxicologique n'a été réalisée, alors que la victime avait décrit son agresseur comme sous l'emprise de substances. La passante intervenue sur les lieux n'a pas été recherchée, le podologue n'a pas été entendu et son appel au 17 n'a pas été retranscrit. Surtout, la procédure ne comportait aucun procès-verbal, ni pour l'interpellation, ni pour la garde à vue. Me Clémence Guihard, l'avocate du mis en cause, a dénoncé la nullité de la procédure.
"Il y a un vice de procédure au moment de votre interpellation. Les policiers n'ont pas décrit comment vous avez été interpellé, ces irrégularités ont entraîné l'irrégularité d'après, et notamment la garde à vue", a conclu le tribunal au moment du délibéré. Mal saisi, il ne pouvait pas juger l'affaire. Le parquet peut désormais faire appel et reprendre la procédure.
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