Le vendredi 6 novembre 2026 à 10:59
La cour d'appel de Paris a placé sous contrôle judiciaire l'un des trois adolescents poursuivis pour la violente agression d'une policière, mise au sol et rouée de coups le 1er octobre dernier dans le XXe arrondissement de la capitale. Saisie par le parquet, la chambre spéciale des mineurs a en revanche confirmé le refus de contrôle judiciaire pour les deux autres, tout en imposant à l'un d'eux une mesure éducative assortie d'un couvre-feu, a appris Actu17 auprès de la cour d'appel. Les trois mineurs seront jugés le 23 février 2027 par le tribunal pour enfants.
La décision a été rendue ce mercredi 4 novembre. L'un des mineurs "ne s'est pas présenté à l'audience", précise la cour d'appel. Le concernant, "la décision a été infirmée" : le juge des enfants avait refusé son placement sous contrôle judiciaire. Il devra respecter une "interdiction de quitter son domicile entre 22h et 6h, obligation de suivre une scolarité, interdiction d'entrer en contact avec les coauteurs et la victime, obligation de suivi psychologique". La mesure éducative judiciaire provisoire (MEJP) dont il faisait déjà l'objet a été confirmée. Ce contrôle judiciaire doit encore lui être notifié.
Un couvre-feu pour le suspect de la «balayette»
Le contrôle judiciaire a en revanche de nouveau été refusé à l'adolescent soupçonné d'avoir fait chuter la policière d'une "balayette". Le juge des enfants n'avait prononcé aucune mesure à son encontre. Cette fois, "la cour a prononcé une mesure éducative judiciaire provisoire avec interdiction de quitter son domicile entre 22h et 6h et une interdiction de contact avec les coauteurs et la victime". Quant au dernier adolescent, la cour d'appel a confirmé à la fois le refus de placement sous contrôle judiciaire et la MEJP décidés par le juge des enfants.
Ces décisions ont suscité la colère du syndicat Alliance Police Nationale. "La honte !", a-t-il réagi jeudi sur X. "Une collègue traquée aux cris de 'tuez-la !', jetée au sol, frappée à coups de pied. La France entière a vu ces images insoutenables. Les 3 mineurs mis en cause sont libres ! Voilà le symbole de notre faillite judiciaire !", a dénoncé l'organisation, avant de conclure : "L'impunité tue l'autorité !"
La victime, une lieutenante de police stagiaire, s'était retrouvée isolée de ses collègues après un repli tardif, lors d'une opération de maintien de l'ordre en marge du blocage des lycées. Les faits se sont produits avenue Gambetta. Sur la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, la jeune femme chute après une balayette, puis reçoit des coups de pied alors qu'elle est au sol. On y entend notamment crier "sale pute" et "wallah tuez-la", "wallah" signifiant "je le jure" en arabe. Légèrement blessée, la policière avait été choquée par cette agression, comme l'avait révélé Actu17 le jour même.
Paris : Une policière a été mise au sol et rouée de coups par plusieurs hommes ce jeudi après-midi sur l'avenue Gambetta, dans le XXe arrondissement ➡ https://t.co/rp6VlEaDPI https://t.co/ybGJl8RsiK
— Actu17 (@Actu17) October 1, 2026
Le parquet avait requis un contrôle judiciaire pour les trois suspects
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violences en réunion sur personne dépositaire de l'autorité publique, confiée à la sûreté territoriale. Un premier suspect, un garçon de 15 ans inconnu de la justice, a été placé en garde à vue le 5 octobre. Il est soupçonné d'avoir donné un coup de pied dans le dos de la fonctionnaire. Déféré le 7 octobre, il a été convoqué par procès-verbal devant le tribunal pour enfants pour violences sur un fonctionnaire de la police nationale suivies d'une incapacité n'excédant pas 8 jours, avec deux circonstances aggravantes : la réunion et le déroulement d'une manifestation sur la voie publique. Le parquet avait requis son placement sous contrôle judiciaire, avec interdiction de manifester, obligation de scolarité et interdiction de paraître sur la voie publique entre 20 heures et 7 heures. Le juge des enfants a préféré une MEJP avec un couvre-feu de 21 heures à 6 heures.
Les deux autres adolescents, âgés de 16 ans et eux aussi inconnus de la justice, ont été interpellés et placés en garde à vue le 11 octobre. L'un est soupçonné d'avoir fait la balayette, l'autre d'avoir filmé la scène et diffusé les images sur les réseaux sociaux. Déférés le 13 octobre, ils ont été convoqués devant le tribunal pour enfants pour la même audience que le suspect de 15 ans. Le parquet avait requis les mêmes obligations, en y ajoutant l'interdiction de contact avec les coauteurs. Le juge des enfants avait refusé le contrôle judiciaire et n'avait ordonné une MEJP qu'à l'encontre de celui qui avait filmé. Le parquet de Paris avait fait appel de ces ordonnances le 14 octobre, comme il l'avait déjà fait pour le suspect de 15 ans.