Laon : Un enseignant roué de coups devant son école par cinq membres d’une même famille


Illustration. (Jose Hernandez Camera 51/shutterstock)

Un instituteur de l’école maternelle Hélène-Boucher de Laon (Aisne) a été roué de coups par les membres d’une même famille, ce lundi matin. Ces derniers ont tous été placés en garde à vue et une enquête a été ouverte.


Une mère de famille avait rendez-vous avec l’enseignant de son fils, afin de discuter du problème d’absentéisme de ce dernier. Après cet échange, cette femme de 24 ans d’origine serbe, est revenue sur place avec plusieurs membres de sa famille : le père de l’enfant âgé de 27 ans, ses deux oncles de 20 et 22 ans et sa grand-mère de 47 ans.

Ils venaient récupérer l’enfant qui était dans l’école. La mère de famille a refusé de signer une décharge proposée par la directrice et la situation a alors dégénéré indique une source proche de l’enquête, confirmation une information de L’Union. L’enseignant a été roué de coups, notamment au visage alors qu’il était tombé au sol.

Les collègues de la victime sont intervenus. L’enseignant a ensuite été pris en charge par les sapeurs-pompiers qui l’ont conduit à l’hôpital. Il présentait plusieurs hématomes et une plaie légère au niveau de la tête.

Les cinq mis en cause se sont présentés au commissariat vers 11h15 et ont tous été interpellés puis placés en garde à vue. Ils étaient jusqu’ici inconnus des services de police et pourraient être déférés dans la soirée. Le parquet a précisé qu’ils avaient « globalement reconnu les faits » au cours de leurs auditions.


De leur côté, les trois autres enseignants de cette école maternelle ont exercé leur droit de retrait ce lundi et les 92 écoliers ont été renvoyés chez eux.

Une « agression physique inacceptable »

Dans un communiqué, le préfet de l’Aisne Ziad Khoury, qui s’est rendu sur place, a dénoncé « l’agression physique inacceptable dont a été victime un enseignant », ajoutant qu’un « message de soutien et de reconnaissance » du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer « leur a été transmis ». Le préfet a aussi appelé « à la plus grande fermeté face à de tels comportements inadmissibles, venant de l’entourage d’un enfant scolarisé dans cette école ».

« Cette agressivité physique est la pointe extrême d’une agressivité verbale que l’on rencontre trop souvent », a réagi le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer. « Cela dit parfois quelque chose de la nervosité de notre société et du fait que certains parents, très minoritaires, pensent que l’on peut se conduire de la sorte. Bien entendu, les sanctions doivent être exemplaires ».