L’avocat Juan Branco visé par une enquête pour viol après les déclarations d’une jeune femme

Juan Branco a notamment été l'avocat de plusieurs Gilets jaunes. (photo Facebook)

Une enquête visant l’avocat Juan Branco a été ouverte pour viol par le parquet et confiée au premier district de police judiciaire (DPJ), suite à la main courante d’une jeune femme.

Proche des Gilets jaunes et de la France insoumise, l’avocat Juan Branco est visé par une enquête pour viol. Une décision du parquet qui fait suite aux déclarations d’une jeune femme dans une main courante déposée ce jeudi au commissariat du XIVe arrondissement de Paris selon nos informations, confirmant celles du Parisien. Les policiers de la 1ère DPJ ont été chargés des investigations. L’avocat nie les faits et s’est exprimé à ce sujet dans un long message sur Facebook.

Juan Branco, 31 ans, raconte avoir rencontré une jeune femme ce mardi. Cette dernière lui avait écrit sur Instagram concernant son nouveau livre . Ils ont passé l’après-midi ensemble à Paris, « en flânant dans le jardin du Luxembourg, dans les rues, en parlant ». « Je l’ai raccompagnée au métro au moment du couvre feu, place Saint-Placide. Elle trainait un peu des pieds, m’a demandé dans quel sens je repartais. Elle m’a alors regardé, un sourire partagé. Nous nous sommes quittés, et je souriais, je crois », se souvient-il.

« J’avais envie d’elle, elle aussi, on se l’est dit »

Après de nouveaux messages échangés, ils se sont revus le soir même. « Il faisait froid, nous sommes rentrés. Nous parlions, riions, nous regardions (…) Je ne sais pas qui a eu l’idée, mais nous nous sommes décidés à voir un film. Elle voulait une comédie, moi un film sérieux », poursuit l’avocat. « Nous étions côte à côte, elle m’a donné sa main, je l’ai longtemps tenue. Nous avons commencé à nous embrasser. Cela allait et venait. On ne savait pas trop, on se provoquait, on se refusait puis recommençait ».

« Nous avons beaucoup hésité, j’avais envie d’elle, elle aussi, on se l’est dit, plusieurs fois, et à un moment, je lui ai demandé si elle voulait, et elle m’a dit oui, et nous avons fait ce que deux personnes en ces circonstances feraient », décrit le trentenaire. « Lorsque cela s’est fini, nous avons laissé le film, et nous nous sommes endormis ».

« Elle m’a dit que c’était allé trop vite »

Le lendemain, il s’est levé pour assister à une réunion en visioconférence. « Juste avant que mon appel commence, elle m’a embrassé, sur le visage, sur les lèvres, m’a sourit, et est partie », écrit-il. Juan Branco évoque ensuite un changement de comportement de la jeune femme. « Le soir, elle est repassée me voir, elle était froide et troublée. Elle m’a dit que c’était allé trop vite, que ça ne lui était jamais arrivé, que d’habitude c’était elle qui était entreprenante, et que moi je l’avais pas été. Elle a commencé à dessiner des comparaisons qui m’ont blessé ».

« Je ne comprenais pas, je lui ai dit ma blessure de l’entendre me dire ces mots, lui ai rappelé tout ce que je viens de vous écrire, que nous nous désirions, que nous n’avions cessé de parler, qu’il n’y avait eu nulle contrainte, que si elle s’était sentie mal, nous aurions immédiatement tout arrêté. Elle acquiesçait, elle se disait rassurée que je lui dise cela », raconte l’avocat. La jeune femme l’a alors prévenu qu’elle s’était rendue au commissariat ajoute-t-il, « qu’elle avait déposé une main courante, car deux amies à qui elle avait parlé le lui avaient suggéré ».

Selon son récit, cette dernière s’est ensuite excusée et lui a demandé si ils pouvaient tout de même « rester en contact ».

« J’ai prévenu ma mère. Mes amis. Ceux avec qui je travaille depuis des années pour tenter, de la méditerranée aux gilets jaunes, de construire quelque chose qui nous amène quelque part. Et puis j’ai pleuré. Pleuré de voir que ce qu’il me restait, m’était, comme cela devait arriver, comme cela m’avait tant de fois été annoncé, après tout ce que déjà, goutte après goutte, on m’avait arraché, sur le point d’être retiré », se désole Juan Branco à la fin de son message, conclu par : « Je suis désolé ».

Elle affirme qu’elle ne souhaitait pas avoir un rapport sexuel

Le parquet n’a pas fait de commentaire concernant cette affaire, pour l’heure. La plaignante ainsi que Juan Branco, défendu par Me Yassine Bouzrou, pourraient être tous les deux entendus rapidement par les enquêteurs, qui vont devoir maintenant déterminer si la jeune femme a, oui ou non, été victime d’un viol. Selon nos informations, la plaignante a précisé dans sa déposition que l’avocat s’était montré de plus en plus pressant et qu’elle ne souhaitait pas avoir un rapport sexuel avec lui cette nuit-là.

Juan Branco s’est notamment fait connaître en devenant l’avocat de Piotr Pavlenski, l’artiste russe à l’origine de la diffusion de la « sextape » de Benjamin Griveaux, alors candidat LREM à la mairie de Paris. L’ancien porte-parole du gouvernement avait ensuite choisi de se mettre en retrait de la vie politique et de retirer sa candidature.