Le «boxeur» Christophe Dettinger s’explique dans une vidéo : «J’ai mal réagi, mais je me suis défendu».

(capture écran Facebook)

Christophe Dettinger s’en est violemment pris à au moins deux gendarmes mobiles ce samedi à Paris durant la manifestation des Gilets jaunes. Il s’est présenté aux policiers ce lundi matin et a été placé en garde à vue. Une vidéo où il s’exprime sur ses faits et gestes a été diffusée vers 12h15, sur Facebook.


« Voilà je me présente : Dettinger Christophe, c’est moi la personne qui ai affronté les CRS (en fait des gendarmes mobiles, ndlr), le samedi 5 janvier », commence l’ancien boxeur professionnel.

« Je voulais vous présenter les choses comme je les sens. J’ai participé aux huit Actes, le premier Acte j’ai fait à un petit blocage sur la nationale à côté de chez moi. J’ai fait toutes les manifestations du samedi sur Paris. J’ai vu la répression qu’il y a eu, j’ai vu la police nous gazer. J’ai vu la police faire mal à des gens, avec des flashball. J’ai vu des gens blessés, j’ai vu des retraités se faire gazer, j’ai vu plein de trucs », poursuit-il.

« J’ai la colère du peuple en moi »

L’auteur présumé des violences volontaires sur les deux gendarmes affirme qu’il est un Gilet jaune et reprend certains des arguments du mouvement contestataire.

« Moi je suis un citoyen normal, je travaille, j’arrive à finir le mois mais c’est compliqué. Mais je manifeste pour tous les retraités, le futur de mes enfants… » explique Christophe Dettinger, 37 ans. « Je suis un Gilet Jaune. J’ai la colère du peuple en moi. Je vois tous ces présidents, je vois tous ces ministres se gaver. Ils ne sont même pas capables de montrer l’exemple, ils se gavent sur notre dos. Ce sont toujours nous les petits qui payons. »

« Je ne suis pas d’extrême gauche, ni d’extrême droite »

« Voilà, moi quand j’entends les gueux, quand j’entends les sans-dents je me sens concerné. Parce que je suis Français, je suis fier d’être Français. Je ne suis pas d’extrême gauche, ni d’extrême droite. Je suis un citoyen lambda, j’aime mon pays, j’aime ma patrie », indique-t-il ensuite.

L’ancien boxeur reconnaît les faits

« Maintenant c’est sûr qu’à force de se faire taper, de se faire taper, de se faire taper… Oui, je me suis fait gazer le dernier jour. Oui, j’ai voulu avancer sur les CRS. Je me suis fait gazer avec mon ami, ma femme, et à un moment la colère est montée en moi. Et oui, j’ai mal réagi, mais je me suis défendu » détaille-t-il, avant d’annoncer qu’il va se rendre ce lundi matin aux policiers, chose qu’il a bien faite.

« Je me rends demain matin (lundi 7 janvier, ndlr), s’ils m’ont pas choppé avant, j’espère pas. Peuple français, Gilets Jaunes, je suis de tout cœur avec vous. Il faut continuer, pacifiquement, mais continuez le combat. S’il vous plaît… »

15 jours et 2 jours d’ITT pour les gendarmes

Christophe Dettinger a été placé en garde à vue ce lundi matin. Une perquisition a également été menée à son domicile selon une source judiciaire.

L’un des gendarmes blessés, qui a été roué de coups au sol, s’est vu prescrire 15 jours d’ITT, le second qui a reçu des coups de poing au visage de la part de M. Dettinger s’est vu attribuer 2 jours d’ITT. Les deux militaires ont déposé plainte.