Le rappeur Moha La Squale visé par une enquête pour «agressions sexuelles», trois femmes ont déposé plainte


Moha La Squale lors de son concert à Nyon en Suisse, le 25 juillet 2019. (photo Melanie Lemahieu/shutterstock)

Accusé d’agressions sexuelles et de séquestrations notamment, le rappeur Moha La Squale était au centre d’une polémique qui enflait sur les réseaux sociaux depuis le weekend dernier. Le pas entre rumeurs et poursuites judiciaires a été franchi ce lundi.

Les policiers du commissariat du IXème arrondissement de Paris ont recueilli les plaintes de trois jeunes femmes, ce lundi soir. Âgées de 23 à 28 ans, elles affirment avoir été victimes de violences et de séquestration de la part du rappeur Moha La Squale, Mohamed Bellahmed de son vrai nom, rapporte Le Point.

Il y a au total six victimes « dont trois avec une identité connue » qui ont déposé plainte selon une source proche du dossier citée par Le Parisien. Les trois autres victimes doivent déposer plainte prochainement. « Il y a des similitudes dans les histoires que ces jeunes femmes ont dévoilées. Notamment sur le fait qu’elles ont été, à un moment, enfermées dans un logement », a déclaré Thibault Stumm, l’avocat des jeunes femmes, à 20 minutes. Les faits présumés remonteraient à au moins deux ans pour deux des plaignantes.

« Pour ceux qui n’ont pas capté je parle bien évidemment de Moha La Squale »

Les accusations visant le rappeur âgé de 25 ans ont commencé à fleurir durant le week-end, sur le réseau social Instagram. Une jeune femme se prénommant Romy, qui affirme être son ex-petite amie le qualifie de « grand malade » notamment : « Vos rappeurs violeurs qui font des sons de love et qui séquestrent des meufs, qui frappent leur go et qui après ooooh ma lunaaaa. On adore que ce genre de pourriture soit streamée à fond (perso j’ai rien eu de grave mais ça aurait pu). Pour ceux qui n’ont pas capté je parle bien évidemment de Moha La Squale » a-t-elle écrit. Ses propos ont été partagés notamment sur Twitter.

Romy s’est aussi exprimée dans une vidéo, dans laquelle elle raconte que « pas mal de gens qu’elle connait, ont vécu des choses très graves vis à vis de lui [Moha La Squale] ».

Par la suite, de nombreux témoignages similaires d’autres jeunes femmes ont été publiés. L’un a retenu particulièrement l’attention des internautes, celui d’une jeune femme qui se nommerait Luna, et qui affirme que son prénom a inspiré le rappeur, notamment pour sa chanson éponyme. « Il m’a écrit Luna alors qu’il passait son temps à me hurler dessus, à me reprocher tout et n’importe quoi, à être super violent avec moi, humiliant… », a-t-elle écrit dans un long message diffusé sur les réseaux sociaux.

Une autre jeune femme affirme sur Twitter avoir été agressé sexuellement par le rappeur devant son collège.


D’autre témoignages similaires ont été diffusés.

Une enquête ouverte

À la lumière des accusations circonstanciées consignées lors des dépôts de plainte, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « violences », « agressions sexuelles » et « séquestrations », qu’il a confiée au 1er District de police judiciaire (DPJ).

Mohamed Bellahmed est né à Créteil (Val-de-Marne) et a vécu dans le quartier des Amandiers, à Paris 20e. Il avait déjà été accusé d’agression sexuelle par le passé. Sous le coup d’un contrôle judiciaire, le rappeur sera jugé en mars prochain pour « refus d’obtempérer, outrage à personnes dépositaires de l’autorité publique et rébellion ». Son interpellation mouvementée avait été filmée et publiée sur les réseaux sociaux.

Au moment de son arrestation, Moha La Squale faisait l’objet d’une fiche de recherche émise le 21 mai comme nous l’avions révélé, suite à un « rodéo » à moto et un refus d’obtempérer dans le XXe arrondissement de Paris. Ce jour-là, il tournait un clip et avait refusé de se soumettre à un contrôle de police, prenant la fuite et manquant de percuter une fillette de 9 ans.