Lycéens agenouillés et interpellés à Mantes-la-Jolie en 2018 : un juge va enquêter pour «torture»


Des lycéens avaient été interpellés puis placés à genoux par sécurité, à Mantes-la-Jolie en décembre 2018. (capture écran Twitter)

Une information judiciaire a été ouverte après un dépôt de plainte avec constitution de partie civile d’un lycéen. Elle fait suite à une intervention de police du mois de décembre 2018 qui avait créé la polémique.


Les images d’une interpellation de plusieurs lycéens de Mantes-la-Jolie (Yvelines) avaient suscité de très vives réactions, notamment d’élus et d’associations de défense des droits. L’intervention avait eu lieu 6 décembre 2018, lors d’une journée de mobilisation de lycéens contre la réforme du bac.

151 jeunes qui participaient aux manifestations contre la réforme du bac, âgés de 12 à 21 ans, avaient été mis en rang, placés à genoux avec les mains sur la tête. De nombreux incidents avaient éclaté en marge de ces manifestations : des policiers avaient été caillassés, et de multiples dégradations avaient été commises.

« Voilà une classe qui se tient sage », pouvait-on entendre sur une vidéo filmée par un policier. La plupart des interpellés avaient été placés en garde à vue, puis relâchés avec un rappel à la loi.

Un juge d’instruction va enquêter pour « torture »

Une plainte avec constitution de partie civile, déposée contre X au début du mois de décembre 2019 par l’un des jeunes, a finalement conduit à l’ouverture d’une information judiciaire. En mars dernier, le parquet de Nanterre a requis la désignation d’un juge d’instruction.

C’est dans ce cadre qu’une information judiciaire a été ouverte, rapporte France Bleu. Elle porte sur les faits de « torture sur mineur de 15 ans, atteinte arbitraire à la liberté par personne dépositaire de l’autorité publique, violences aggravées » et « diffusion sans son accord d’une personne identifiable menottée et mise en cause pénalement », a-t-on appris ce lundi.

Non-lieu dans l’enquête menée par l’IGPN

Peu après la diffusion des images, plusieurs familles ainsi que le syndicat lycéen UNL avaient déposé plainte pour « violences volontaires aggravées ». Une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet et menée par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Elle avait débouché sur un non-lieu en juillet 2019. Il n’y a « pas [eu] de comportements déviants de la part des policiers » avait indiqué Brigitte Jullien, la patronne de l’IGPN.

La procureure de la République de Nanterre avait alors écrit que « le fait de retenir les personnes interpellées en position à genoux ou assise, entravées pour certaines d’entre elles, apparaît justifié par le contexte exceptionnel de violences urbaines graves et le nombre de personnes devant être conduites dans les locaux de police, nécessitant une organisation matérielle incompressible ».