Lycéens interpellés à Mantes-la-Jolie : l’enquête de l’IGPN classée sans suite


Des lycéens avaient été interpellés puis placés à genoux par sécurité, à Mantes-la-Jolie en décembre 2018. (capture écran Twitter)

L’enquête de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) concernant l’interpellation polémique des lycéens à Mantes-la-Jolie (Yvelines) le 6 décembre 2018, a été classée sans suite annonce le parquet.

151 jeunes avaient été interpellés le 6 décembre 2018 à Mantes-la-Jolie (Yvelines) en marge de violents incidents durant une mobilisations lycéenne. Une enquête administrative avait été ouverte après la diffusion d’images montrant des lycéens interpellés et placés à genoux, puis classée sans suite en mai dernier. Il n’y a « pas (eu) de comportements déviants de la part des policiers » avait indiqué Brigitte Jullien, la patronne de l’IGPN.

Une enquête préliminaire avait également été confiée à l’IGPN, elle a été classée sans suite ce mercredi 24 juillet a annoncé le parquet dans un communiqué.

La position agenouillée de certains lycéens « apparaît justifié »

« Le fait de retenir les personnes interpellées en position à genoux ou assise, entravées pour certaines d’entre elles, apparaît justifié par le contexte exceptionnel de violences urbaines graves et le nombre de personnes devant être conduites dans les locaux de police, nécessitant une organisation matérielle incompressible », écrit la procureure de Nanterre, ajoutant que les plaignants « placés en garde à vue ont bénéficié des droits légaux attachés au régime de la garde à vue ».

En outre, la magistrate a précisé que « les violences déclarées au soutien des plaintes pour violences aggravées déposées au nom de quatre des plaignants ne sont corroborées, ni par leurs déclarations ou les observations de leurs conseils, ni par les examens médicaux des médecins légistes, ni lors de leur présentation à un magistrat dans le cadre de la prolongation de leur garde à vue ».


Le policier qui a filmé la scène fait l’objet d’une procédure administrative

Une vidéo montrant les lycées interpellés et agenouillés avait été diffusée sur les réseaux sociaux. « L’auteur de l’enregistrement, fonctionnaire de police, fait l’objet d’une procédure de sanction administrative et une action disciplinaire est sollicitée auprès du procureur général de Versailles », a mentionnée la procureure de Nanterre.

Les jeunes âgés de 12 à 19 ans avaient été interpellés après de nombreuses violences et dégradations comme nous l’avions décrit dans notre article le lendemain des faits. Les images montrant les interpellés placés à genoux avaient créé une polémique qui avait fait réagir de nombreux responsables politiques et élus, notamment.

Une procédure toujours en cours

Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée par les avocats des plaignants qui se sont rassemblés en créant un collectif. Ils sollicitent la saisine d’un juge d’instruction. Le parquet a indiqué que la procédure se poursuivait.