Marseille : Fin de cavale pour Kamel Meziani, caïd des quartiers Nord


Kamel Meziani, 37 ans, faisait l'objet d'une fiche rouge d'Interpol. (capture écran)

C’est un magistral coup de filet qu’ont réalisé les enquêteurs de la police judiciaire, ce mardi 31 août, en interpellant celui qui est présenté comme le patron d’un des plus gros points de deal de la cité phocéenne.

A 37 ans, il est décrit comme l’un des trafiquants les plus influents de Marseille (Bouches-du-Rhône). Selon nos informations, Kamel Meziani a été arrêté, ce 31 août, en région parisienne, au péage de Fleury-en-Bière (Seine-et-Marne) à la sortie de l’autoroute A6, en provenance de Marseille. Ce trentenaire a été interpellé par les policiers de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) Nationale et de la brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF), alors qu’il se trouvait en voiture avec une femme et des enfants.

Surnommé « Souris », il n’a opposé aucune résistance face aux policiers déployés en nombre. En fuite depuis l’été 2019, Kamel Meziani faisait l’objet d’une fiche rouge Interpol. Sous le coup de deux mandats d’arrêt délivrés par la justice marseillaise après deux condamnations à 14 et 30 ans de réclusion criminelle, il a été placé en rétention en attendant d’être rejugé. Il est présenté comme le patron de la cité des Oliviers, haut lieu de deal dans la cité phocéenne, située dans le 13e arrondissement, au cœur des quartiers Nord de la ville.

Kamel Meziani, dépeint comme un homme « très intelligent », « courtois » et « vif d’esprit », avait été interpellé, au début de l’année 2019 alors qu’il était en cavale à Marrakech au Maroc. Extradé vers la France, il avait été jugé l’été suivant dans le cadre d’un procès sur un réseau de trafiquants de drogue de la cité des Oliviers. Mais il avait pu recouvrer la liberté après une succession de péripéties judiciaires.

Incarcéré dans le cadre du démantèlement de ce trafic, il avait vu son mandat de dépôt levé par la cour d’appel d’Aix-en-Provence au mois de juin 2019. Mais sous le coup d’un second mandat de dépôt après sa mise en examen dans le cadre d’un double règlement de comptes commis le 21 octobre 2016 sur le parking d’un établissement de restauration rapide à Marseille qui s’était soldé par la mort de deux jeunes hommes, il avait été maintenu en détention.

Remis en liberté après un raté de la justice

Son procès, qui devait démarrer le 3 juillet 2019, avait été ajourné après que ses avocats aient demandé la récusation de plusieurs magistrats composant le tribunal. Finalement jugé trois jours plus tard, la décision avait été mise en délibéré au 10 juillet. Mais le 8 juillet, « Souris » avait été libéré sur décision de la Cour de cassation qui avait considéré que la cour d’appel d’Aix-en-Provence avait trop tardé à se prononcer sur une demande de remise en liberté en lien avec la contestation de son extradition du Maroc. Ses trois avocats, Me Raphaël Chiche, Thomas Bidnic et Dominique Mattéi étaient ainsi parvenus à lui faire recouvrir la liberté.

Une « aubaine » dont il avait profité pour se mettre aussitôt en cavale. Kamel Meziani avait ensuite écopé de 14 ans de prison dans le dossier de trafic de stups des Oliviers et de 30 ans de réclusion criminelle pour le double assassinat du mois d’octobre 2016. Deux affaires pour lesquelles il devra être rejugé.

« C’est un poids lourd du trafic dans les quartiers Nord »

« Nous savions qu’il avait des points de chute en Algérie et nous avons a été surpris de découvrir qu’il était récemment revenu dans les environs de Marseille, souffle un haut fonctionnaire. Meziani, c’est un poids lourd du trafic dans les quartiers Nord. Il était à la tête d’un réseau très solide et uni, qui a toujours su se reconstituer malgré les importantes opérations de police menées pour le démanteler ».