Meurtre de Victorine : Ludovic Bertin mis en examen pour meurtre précédé d’une tentative de viol


Victorine a été retrouvée morte ce lundi 28 septembre. (photo Facebook)

Le procureur de la République adjoint Boris Duffau a donné des précisions sur l’enquête du meurtre de la jeune Victorine Dartois. Ludovic Bertin, 25 ans, a reconnu les faits et a été mis en examen.

Le tueur présumé a été mis en examen pour « enlèvement, séquestration, meurtre précédé d’un crime, une tentative de viol », a annoncé le procureur de la République adjoint. « Il encourt la réclusion à perpétuité » a précisé le magistrat. Son placement en détention provisoire a été requis.

Le pantalon de l’étudiante en BTS était baissé lorsqu’elle a été retrouvée, ce qui a conduit le parquet à retenir la qualification de tentative de viol. La justice pourra faire évoluer la qualification des faits si nécessaire, durant la suite des investigations.

Ludovic Bertin, gérant d’une société de transport, a expliqué lors de ses auditions qu’il avait « croisé par hasard » la victime et qu’une « dispute avait éclaté entre eux, après une bousculade involontaire », a détaillé Boris Duffau.

« Il aurait très rapidement paniqué et l’aurait saisie [la victime] par le cou en le serrant très fort », par deux fois a indiqué le procureur adjoint. « Il aurait ensuite déposé le corps inanimé dans l’eau, à proximité du lieu de leur rencontre, pour dissimuler ledit corps », ajoute-t-il. « L’autopsie a révélé une mort par noyade et des ecchymoses internes au niveau du cou, confirment un acte d’étranglement par une tierce personne ». « Les déclarations du mis en examen confirment cet étranglement sur lequel nous n’avions volontairement pas donné de détails, jusqu’à présent », a expliqué le magistrat.


Déjà condamné à « une dizaine de reprises »

Ludovic Bertin conteste tout mobile sexuel. Ce dernier est déjà « connu des services de police et de la justice » et a déjà été « condamné à une dizaine de reprises pour des délits de droit commun ». C’est le témoignage d’un proche du suspect, qui « avait recueilli certaines confidences de ce dernier », qui a permis l’identification du mis en cause.

L’homme qui est le père d’un bébé de quelques mois, n’a pas été immédiatement interpellé. Les enquêteurs ont procédé à des « recoupements afin de réunir suffisamment d’éléments pour s’assurer que la personne dénoncée pouvait bien être concernée par cette affaire » a confié le magistrat durant la conférence de presse.

En outre, le procureur n’a pas souhaité affirmer ou infirmer la présence de Ludovic Bertin lors de la marche blanche organisée en la mémoire de Victorine le 4 octobre dernier, comme l’ont précisé plusieurs journaux, en se basant sur des témoignages. « A ce stade, nous considérons que le mis en examen a agi seul », a aussi admis le magistrat.

« La famille ne croit pas que Victorine ait pu s’emporter »

L’avocate de la famille de la victime, Me Kelly Monteiro, s’est également exprimée lors de la conférence de presse. « La famille, lorsqu’elle a appris les déclarations du mis en cause, n’y a pas cru une seule seconde », a-t-elle déclaré. « La famille ne croit pas que Victorine ait pu s’emporter face à cette bousculade qui au demeurant, était involontaire. Ils imaginent vraiment mal comment Victorine aurait pu s’emporter pour mériter le sort qui lui a été réservé », a ajouté l’avocate.

Ludovic Bertin est un homme qui leur est « absolument inconnu ». « Ce n’est pas une personne qu’ils fréquentaient de près ou de loin, ni même un nom qui leur parlait », a précisé Me Kelly Monteiro. « La sœur de Victorine, Romane, pense avoir été avec le frère de Ludovic Bertin en classe de primaire (…) mais elle ne connait pas plus que ça la famille », a-t-elle ajouté.

« Nous sommes insatisfaits des déclarations que nous avons pu obtenir [du mis en cause] », a conclu l’avocate au micro de BFMTV, évoquant « beaucoup de sidération et beaucoup d’incompréhension » du côté de la famille.