Militaires tués : «La France a perdu deux de ses fils» a déclaré le chef d’état-major des armées, très ému


François Lecointre, le chef d'État-Major des Armées, le 7 décembre 2017. (photo wikimedia)

La ministre des Armées, Florence Parly, et François Lecointre, le chef d’état-major des armées, ont donné une conférence de presse ce vendredi en fin de journée et sont revenus sur l’opération au Burkina qui a conduit à la libération de quatre otages mais aussi à la mort de deux militaires français.

« La France a perdu deux de ses fils. Nous, nous perdons deux de nos frères », a-t-il déclaré, au bord des larmes François Lecointre. « C’est toujours très douloureux », a poursuivi le général avant un silence.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les forces spéciales françaises ont effectué une opération « complexe » afin de libérer deux otages français qui étaient retenus par plusieurs ravisseurs. Deux autres otages étaient également présents dans les quatre abris visés par l’opération, une otage sud-coréenne et une otage américaine. « Nous n’avions pas connaissance de leur présence », a déclaré Florence Parly au sujet de ces derniers.

Des coups de feu sur les militaires français « à très courte distance »

Le général Lecointre est également revenu sur le déroulement de l’assaut, visant quatre abris différents. « Une sentinelle veillait mais n’a pas détecté leur approche [des militaires français] » a-t-il indiqué. Mais en s’approchant des abris, les soldats français ont entendu les ravisseurs qui chargeaient leurs armes. « Ils décident donc de monter à l’assaut sans ouvrir le feu pour être sûrs de ne pas faire de pertes », et ainsi préserver les otages.


Les maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello ont été tués par des coups de feu des ravisseurs tirés « à très courte distance ». « Les ravisseurs qui tentaient de s’évader ont été abattus. Et les ravisseurs qui ensuite ont engagé le combat, quatre d’entre eux ont été tués », a précisé le général Lecointre.

« Une opération d’une rare difficulté que peu d’armées au monde sont capables de mener »

La ministre des Armées Florence Parly a souligné « un véritable exploit, une opération d’une rare difficulté que peu d’armées au monde sont capables de mener », ajoutant que « les États-Unis ont été cette nuit encore un précieux soutien ». La ministre a également remercié la « coopération » établie avec les « autorités béninoises et burkinabè ».

Il s’agissait d’une « opération d’une très grande complexité, réglée comme de l’horlogerie extrêmement fine », a déclaré le général Lecointre.

Les deux militaires tués, les maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello étaient membres du commando Hubert. Très expérimentés, ils avaient tous les deux été décorés.