Moselle : Blessé et traqué par des chasseurs, un chevreuil se réfugie sur le parking d’un supermarché


Un chevreuil s'est caché sous des caddies sur le parking d'un supermarché à Basse-Ham. (capture écran @RigauxNature)

Un chevreuil blessé s’est réfugié sur le parking d’un Intermarché à Basse-Ham (Moselle) ce samedi matin. Une scène filmée par un témoin qui a fait vivement réagir sur les réseaux sociaux.

Plusieurs clients du supermarché étaient présents au moment des faits, samedi, sur le parking de cet Intermarché situé à Basse-Ham. Un chevreuil apeuré et blessé s’est réfugié sous des caddies.

L’animal était poursuivi par le chien de chasseurs. Ces derniers sont ensuite arrivés pour récupérer le chevreuil, qu’ils ont emporté par les pattes, avant de le mettre dans leur voiture. La scène a été filmée et les images diffusées sur les réseaux sociaux, provoquant de vives réactions. La vidéo a été visionnée plus de 320 000 fois sur Twitter.

Une chasse était en cours non loin de là, dans la forêt domaniale de la commune. Des passants ont voulu s’interposer pour prendre en charge l’animal raconte France Bleu. « Ce n’est une situation agréable pour personne. Nous comprenons l’émotion des gens qui voient un chevreuil réfugié sous un caddie », réagit le président de l’association des chasseurs de Thionville, Jean-Christophe Hamelin-Boyer. La direction du supermarché, alertée par des clients, a appelé les sapeurs-pompiers, mais les chasseurs sont arrivés avant.

« Les chasseurs ont fait comme prévu »

« Voyant que le chien était seul, une personne a relevé le numéro sur son collier, a appelé son propriétaire et lui a fait part de la situation », explique le maire de la ville, Bernard Veinnant, à LorraineActu. « Les chasseurs ont fait comme prévu, c’est-à-dire : « ne jamais abandonner un animal blessé ». Ils l’ont donc chargé à l’arrière de leur véhicule pour le tuer plus loin », justifie l’édile.

« Le statut du chevreuil, en tant qu’animal sauvage, est qu’il n’appartient à personne. Si vous l’emmenez chez le vétérinaire, il va vous demander de payer l’opération. Pour une patte cassée cela peut aller jusqu’à 3.000 ou 4.000 euros », ajoute Jean-Christophe Hamelin-Boyer, à France Bleu. « Dans certains cas, une cellule spécialisé des pompiers peut intervenir, mais seulement lorsqu’il y a un très grande chance que l’animal survive à sa blessure, ce qui n’était pas le cas à ce moment-là ».

« Il était loin d’être mourant »

Magali qui a filmé la scène, affirme de son côté que l’animal pouvait être sauvé : « Je l’ai vu courir à toute allure, je peux vous dire qu’il était encore en capacité de marcher, il était loin d’être mourant ». Cette dernière, choquée par la scène, fait part à nos confrères de son indignation : « Ils nous ont dit que de toute façon il fallait bien qu’ils mangent, et que nous ne mangions pas que des carottes non plus donc il fallait bien que l’on accepte que l’animal allait partir ».

« La seule erreur commise, peut-être, c’est de la part du chasseur qui a tiré alors qu’il n’était pas sûr de tuer le chevreuil sur le coup. Enfin, une chose est sûre, je vais écrire un courrier pour que, si jamais une situation similaire arrive, ce soit un vétérinaire qui euthanasie l’animal », précise le maire, au média local.