«Ne parlez pas de répression et de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit» dit Emmanuel Macron


Emmanuel Macron le 7 mars 2019. (capture écran vidéo Élysée)

Le président de la République Emmanuel Macron est revenu sur les incidents qui ont émaillé les manifestations des Gilets jaunes depuis le 17 novembre, lors du 10ème « Grand débat », qui s’est déroulé ce jeudi à Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence). Un débat qui était consacré à la transition écologique.

Après plus de deux heures d’échanges, une agricultrice a décidé de sortir du thème du débat et d’interpeller le chef de l’État sur les Gilets jaunes.

« A la confédération paysanne, nous avons rejoint il y a quelques temps déjà, le mouvement des Gilets jaunes que nous soutenons, oui nous le soutenons parce que ces gens se battent pour plus de justice sociale, plus de justice fiscale et plus de démocratie, dont nous, paysans et paysannes, nous nous sentons bien entendu concernés » a expliqué la jeune femme au micro.

Cette dernière a ensuite évoqué les actions des forces de l’ordre qu’elle a qualifié de « répression ». « En ce moment la répression on ne peut pas l’ignorer » a-t-elle déclaré, développant son propos en mettant en cause l’action d’Emmanuel Macron et du gouvernement.

« Ils ont détruit, ils ont menacé, ils ont frappé les forces, c’est à dire les gens qui vous défendent au quotidien »

« Je n’aime pas le terme de répression parce que cela ne correspond pas à la réalité » lui a répondu dans un premier temps le président de la République, quelques minutes plus tard dans une série de réponses.


Il a ensuite répondu plus précisément à son interlocutrice : « Depuis plusieurs semaines, il y a des gens qui ont décidé de s’infiltrer et en quelques sortes de dénaturer cela [le mouvement des Gilets jaunes]. Ils ont détruit, ils ont menacé, ils ont frappé les forces, c’est à dire les gens qui vous défendent au quotidien. Ne parlez pas de répression et de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit ».

« Partout où il y a de la violence, j’assume totalement que les forces de l’ordre soient, d’une part en situation de se protéger et d’autre part de maintenir l’ordre public. L’ordre public c’est ce qui permet à chacun de s’exprimer sur ces différences d’opinions librement, d’aller manifester si il le veut ou si elle le veut, ou de pouvoir s’exprimer » a poursuivi le chef de l’État.

« Vous me parlez de répression, je vous dis que c’est faux »

« Je constate qu’après des semaines et des semaines, qu’il n’y aucun mort à déplorer du fait des forces de l’ordre. Malheureusement il y en a eu, du fait de d’autres bêtises » a poursuivi Emmanuel Macron dans sa réponse.

« Si on se met à tout confondre, si on se met à dire, manifester pour ses idées, manifester librement dans la rue, c’est la même chose qu’être violent et de commettre le pire, à ce moment là je vous le dis très simplement, il n’y a plus de cadre démocratique viable (…) Vous me parlez de répression, je vous dis que c’est faux » a ajouté le président de la République.

« A chaque fois qu’il y a des interpellations sur ces sujets, il y a un contrôle qui est fait, il y a des procédures judiciaires qui sont en cours, il y a des inspections » a-t-il aussi détaillé.

« Le jour où vous aurez un assaillant, où qu’un terroriste viendra (…) vous appellerez un policier ou un gendarme »

« Le jour où vous aurez un assaillant, où qu’un terroriste viendra, ce que je ne vous souhaite pas, vous appellerez qui ? Vous n’appellerez pas ceux que vous êtes en train de défendre aujourd’hui, vous appellerez un policier ou un gendarme. Parce que c’est l’ordre public et il intervient pour la sécurité de tous et ce distinguo il ne faut pas l’oublier » a affirmé également Emmanuel Macron, sous les applaudissements.